
Shima Andoru L'île volante |
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Alice Anya

Nombre de messages: 11 Age: 15 Age du Perso: 15 Date d'inscription: 23/06/2009
 | Sujet: Perdue... Sam 27 Juin - 11:47 | |
| [HJ : Cette fois j’me suis pas fait avoir -> Vive Word !] Comment cette île faisait –elle pour « voler » ainsi ? Est-ce qu’on pouvait appeler ça une île d’ailleurs ? Elle aurait dû être ballottée par les vents, puissants à cette altitude, dériver sur leurs courants, alors pourquoi était-elle immobile, ou du moins bougeait elle si peu qu’on ne le sentait pas ? Comment s’était-elle formée ? Pourquoi n’en avait elle jamais entendue parler auparavant ? Son existence était-elle possible ? Ou n’était-ce qu’un rêve ? Etait-elle victime d’une hallucination, si prompte qu’elle était à s’enflammer pour une idée, au risque de tomber de haut ? Qui avait trouvé cette terre ? Quelle civilisation avait construit ce château, qui semblait immensément ancien et pourtant possédait des éléments d’architectures diverses, parfois même inconnues, rendant l’ensemble hétéroclite ? Mais surtout, surtout, pourquoi s’y sentait-elle aussi bien ?
Alancya était en prise à mille et une questions, mais paradoxalement, alors qu’elle en venait à douter de ce qu’elle voyait, de la réalité de la pièce où elle se trouvait, elle se sentait apaisée. Pour la première fois depuis longtemps, à peine plus de 7 mois pour être exact - et dans la vie d’une adolescente de 15 ça représente une petite éternité, d’autant plus qu’il est de notoriété publique que le temps passé à souffrir compte double - , elle n’avait pas envie de hurler, mordant ses joues et serrant les poings pour s’en empêcher, ni de partir en courant, courir juste pour courir, sans s’arrêter ni regarder jamais en arrière, afin d’atteindre ce stade d’épuisement au-delà duquel elle ne sentait plus son corps, et ne pouvait plus réfléchir, s’enfonçant dans un sommeil sans rêves. Car depuis que ces rêves n’en étaient plus, la jeune fille en avait pris peur.
Mais ici, comment décrire la sensation qui dénouait lentement son être, la calmant et lui donnant l’impression d’avoir une place, quelque part, ici… C’était comme si la pièce possédait une entité, une âme ?, qui trouvait écho en elle. Alancya n’aurait su la définir. Une partie d’elle-même faisait corps avec ce lieu, qui, sans être d’une beauté extraordinaire, lui semblait avoir été fait pour elle. Elle sentait qu’elle le comprenait, qu’elle s’y intégrait, elle qui depuis trop longtemps s’était détachée de tout en refusant en bloc de s’abandonner à toutes les émotions, bloquant indifféremment les néfastes et les autres, sachant que le bonheur n’est qu’un début, agréable certes mais début tout de même, de souffrance.
Ca y est, voilà qu’elle recommençait à délirer. Encore deux ou trois minutes à ce régime et elle était bonne à se faire enfermer. Il fallait croire que l’hyperactivité se mêlait chez elle à une propension délirante à la psychose mythomaniaque. Il y a un moment où faut stopper l’imagination, sinon y’a plus que la camisole comme solution. Là, elle se montrait prête à croire au Père Noël, à la paix dans le monde et à la magie tant qu’on y était. Elle ressemblait à une illuminée à penser, et pire, à croire des co**eries pareilles. On aurait dit l’hippie là, sa tante, qui lui disait qu’elle dégageait «une aurâ extrâordinèèèère ». Pfff, comme si c’était possible. Pourquoi pas une fille d’Alien tant qu’on y était ?
Fallait redescendre sur Terre et vite. Tiens, c’était bien l’expression à utiliser ça, « redescendre sur Terre ». Ce lapsus la fit sourire intérieurement, et la ramena à ce qu’elle croyait être la raison. Ca impliquait une distanciation avec cette Terre, sur laquelle elle n’était plus maintenant, mais aussi et surtout avec tout ce qui y avait trait. Plus de vie avant son arrivée, plus d’enfance idyllique, plus de meurtre, plus de famille d’accueil, plus de psychothérapeute…. Mais seulement si elle parvenait à vivre sur Shima. Il allait falloir qu’elle se débrouille pour rester ici, maintenant qu’elle avait pu y aller et y rester sans problème.
C’était d’ailleurs curieux, Alancya s’était attendue à des complications plutôt importantes, étant donné son âge et sa destination, combinaison qui devait être plutôt atypique. Pourtant elle s’était contentée de checker son passeport, sans que personne ne prenne la peine de le vérifier, ce qui était pourtant obligatoire quelque que soit le but et la destination du voyage.
Ensuite elle était montée dans un mini-mini-aéronef, avec de la place pour 3 en se serrant, ce qu’elle n’avait jamais vu, bien que sa connaissance de ces engins soit assez limitées, qui était parti directement, sans qu’il y ait de contrôle de sécurité pirate. Elle avait même eut un temps peur de ne pas arriver sur l’île, mais au bout de quelques temps elle s’était posé dans un coin. Elle s’était contente après de suivre le chemin, qui l’avait amené devant le château.
C’était franchement bizarre, et même laxiste, mais la jeune fille était sûre que cette deuxième partie allait être une tâche bien plus ardue. Sachant qu’elle ne pourrait pas passez inaperçue très longtemps, elle avait renoncé à jouer la clandestine, et s’apprêtait à aller voir le directeur, ou ce qui s’en approchait le plus dans cette drôle de bâtisse qui ne ressemblait à rien de ce qu’elle avait connu auparavant. Mais pour ça il fallait déjà le trouver, et les trois escaliers de part et d’autre de la pièce semblaient lui indiquer la difficulté qu’elle allait rencontrer à trouver quoi que ce soit ici. Pas de panneau indicateur, pas de sonnette, rien qui puisse la mettre sur une voie quelconque. Elle regarda sa montre. 11 : 17. La pièce était vide, même si l’on voyait ici et là des traces de vie, affaires oubliées, boue sur le sol, gravures diverses sur les murs. Ce n’était donc pas abandonné, ou alors pas depuis longtemps.
Pas le temps de se perdre en contemplation, elle devait réfléchir, et vite. Elle aurait tout le temps après, du moins si elle parvenait à convaincre le directeur. Les informations qu’elle avait recueilli sur internet, absolument loufoques pour la plupart (des gens aux étranges pouvoirs, un crash aérien d’êtres venant d’un autre endroit, et autres délires de personnes ayant trop lu de science-fiction ou trop forcé sur la vodka) ou bien alors rationnelles mais si succinctes qu’elles servaient juste à affirmer son existence, ne l’aidaient pas vraiment à inventer une histoire tangible. Elle se perdait en conjecture, essayant d’anticiper les réactions de son futur interlocuteur, afin de trouver une quelque chose qui lui permettrait de rester. Elle se demandait si la persuasion n’était pas le meilleur moyen d’arriver à ses fins. Après tout, elle avait fait du théâtre, et jouer un mélodrame était toujours possible. Une histoire pathétique à souhait… Nan, la sienne l’était déjà suffisamment, elle n’avait pas besoin d’en rajouter une couche.
Mais quoi alors ? Elle ne voulait pas avoir à retourner sur Terre.
Dernière édition par Alice Anya le Lun 10 Aoû - 19:05, édité 1 fois |
|  | | Morrigan Undomiel

Nombre de messages: 81 Age: 17 Age du Perso: 17 ans Date d'inscription: 22/11/2008
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 | Sujet: Re: Perdue... Mar 7 Juil - 11:50 | |
| Cela faisait un moment que Morrigan guettait les nuages à l’horizon, depuis une fenêtre de l’internat ; et, même si le ciel restait encore en majorité limpide, le doute n’était plus permis à qui possédait ce sixième sens propre aux élus de l’eau : un orage se préparait. La masse mouvante et grisâtre qui roulait à l'horizon devenait de plus en plus sombre et compacte, s'enroulant sur elle-même en volutes denses, comme vivante, promesse d'une pluie dense et d'éclairs vigoureux, introduction déjà sublime, quoique lointaine, au spectacle à venir. Après le soleil de plomb de la matinée, cet orage revêtait des allures de délivrance. Et Morrigan adorait les orages. C’est pourquoi, le cœur léger, la jeune fille dévala les escaliers, dans le but évident d’aller profiter de cet évènement. Bien sûr, le ciel lourd d’été offrait régulièrement quelques grondements, annonciateurs d’une pluie courte et qui avait tendance à s’évaporer au moment même où elle touchait le sol, mais cela restait franchement décevant. Et là, il s’agissait d’un orage d’un tout autre genre. Evidemment, il n’était pas forcément prudent de sortir précisément quand les éléments se déchaînaient, mais ce n’était pas exactement comme si elle n’avait jamais affronté de tempête dans sa vie. D’ailleurs, il y avait des chances pour que, lorsque les nuages noirs se seraient suffisamment rapprochés pour rendre plus tangible l’arrivée prochaine de l’orage, les élus de la foudre trouvent également matière à s’amuser. Elle arriva dans le grand hall désert par l’escalier de droite. Enfin, presque désert. Son regard venait en effet de se poser sur une jeune fille fluette, aux cheveux d’un rouge presque choquant, mais ce n’était pas ça qui coupa Morrigan dans son élan. En réalité, en apercevant la fille, c’était une puissante impression de déjà vu qui l’avait saisie. Elle connaissait ce regard, qui trahissait autant de peur que d’épuisement moral et physique, ce regard perdu… Une nouvelle, à n’en pas douter. Sauf que les prunelles de l’inconnue étaient très différentes des siennes : immenses, hypnotiques, deux abîmes d’un violet des plus troublant, profond… Une beauté atypique, mais réelle. Elle fut prise d’un élan de compassion pour la jeune fille. Elle ignorait ce qu’elle savait exactement de Shima et de ses pouvoirs mais, dans tous les cas, elle avait sûrement besoin de quelques explications complémentaires… S’approchant de la nouvelle venue, un sourire un peu timide aux lèvres, elle lança d’un ton enjoué : « Hey, salut. Tu as l’air un peu perdue… Je m’appelle Morrigan, je peux peut-être t’aider… »[Un peu court et mal écrit, je manquais un peu d'inspiration, désolée^^] |
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