Shima Andoru

L'île volante
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 On s'assume? [Libre]

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Dorgoth Thorn
Maître des Cendres


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MessageSujet: On s'assume? [Libre]   Dim 18 Jan - 19:55

Les pieds de la chaise de Dorgoth grinçaient de manière inquiétante tandis qu'il se balançait dessus. A force d'assoupissement chroniques lorsqu'il se trouvait dans son lourd fauteuil en cuir le maître des cendres l'avait remplacé par une chaise du réfectoire, bien plus inconfortable mais qui le maintenant à peu près éveillé lors de son travail administratif. Mais de toutes façons actuellement il ne risquait pas vraiment de s'endormir. Il avait un cour dans quelques minutes, et pas n'importe quel cour, il avait convoqué tout les nouveaux élèves de l'Académie -les taléens et quelques autres nouveaux- à se rendre dans la plus grande des salles de cour, un amphithéâtre qui, selon les cour que l'on y donnait, se munissait du nombre de places nécessaires. Le maître des cendres s'était déjà amusé à l'agrandir à tel point que même ses yeux surdéveloppés n'apercevaient plus le haut des gradins. Il avait ensuite du récupérer un pauvre élu du métal qui s'y était perdu, cela lui avait pris plusieurs heures pour le retrouvé recroquevillé et pleurant entre deux sièges et ne l'avait pas tellement fait rire sur le coup. Il sourit à cette pensée puis reprit une expression angoissée. Il savait pourquoi il les avait convoqués, ça c'était certain. Il voulait leur parler de l'importance de la magie, de sa puissance, de sa dangerosité -il se disait d'ailleurs qu'il aurait du le faire il y a un certain moment.- mais il voulait aussi les mettre en confiance quand au fait que quelqu'un s'occupait bel et bien de l'académie et que le Conseiller divin du feu, maître des cendres, n'était pas seulement un horrible monstre aux pouvoirs surpuissants, tapi dans son bureau en attendant que quelqu'un entre pour lui cramer les...
Dorgoth soupira, sans pouvoir s'empêcher de sourire, les élèves ne le voyaient pas en dehors des cours ou il était froid et strict et de nombreuses rumeurs courraient sur lui, la plupart erronées bien qu'il soit capable d'à peu près toutes les mettre en œuvre. Cela ne lui déplaisait pas d'autant plus que certains élus bien plus vieux que lui le regardaient encore avec crainte ou admiration,...ou les deux.
Il savait pourquoi il les avait convoqués, mais il ne savait absolument pas ce qu'il allait leur dire.
Il n'était en aucun cas doué pour les relations entre êtres dotés de paroles, bien qu'il ait plus de facilités avec les élus du feu qu'avec les autres, et si il s'était franchement arrangé au cour des dernières années parler devant autant de personnes ne l'enchantait pas le moins du monde. D'ailleurs combien étaient-ils? Il n'en savait rien, plus d'une centaine sûrement.
Le réveil posé à coté de lui se mit soudain à sonner frénétiquement, pour s'arrêter une seconde plus tard l'index de Dorgoth se posant sur le déclencheur. Déjà?
Lentement il se leva de son fauteuil les jambes tremblant un peu et se dirigea vers la porte. Il l'ouvrit très doucement, comme s'il voulait que personne ne l'entende puis traversa la salle commune, vide, pour s'engager ensuite dans le premier couloir qui allait le mener à sa salle, se creusant la tête pour trouver les phrases qu'il allait devoir prononcer.



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Soul Crew



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mer 21 Jan - 18:50

Soul Crew se réveilla un bon matin avec un parchemin sur sa table de chevet. Il s'agissait d'une convocation. Soul était invité à se rendre à la grande salle de cours, lui ainsi que les autres nouveaux arrivants. La missive était signée par le "Maître des Cendres". Il s'agissait de Dorgoth Thorn, le plus puissant Elu du feu de Shima. Au cours des deux derniers mois, il avait suivi quelques cours assurés par Dorgoth. Ce que Soul retenait principalement de ces cours, c'est qu'il s'ennuyait, car il n'était pas assez concentré pour suivre la partie théorique et trop faible en matière de magie pour réussir un quelconque exercice pratique. Cependant, il s'y connaissait désormais un peu plus en magie, et comptait bientôt réussir la première épreuve pour un Elu du métal, et sans doute la plus primordiale: tordre une petite cuillère avec la seule force de sa pensée...
Exactement cinq minutes après l'heure initiale du rendez-vous, Soul envoya valser sa blouse blanche au milieu du dortoir, rouvrit la porte de sa chambre à la volée, traversa le couloir en quelques instants, dévala les marches de l'escalier et continua de courir en direction de l'amphithéâtre. Il avait passé la matinée au labo, et avait réussi à oublier la convocation. Il s'en était souvenu un peu tard. Durant sa course, Soul eut à peine le temps de se questionner sur ce que pourrait bien leur annoncer Dorgoth. Mais il se fichait un peu de le savoir à l'avance, la surprise ne serait que plus grande. En tout cas, il espérait que cela ne serait pas trop barbant.
Soul atteignit les salles de cours assez vite, puis ouvrit doucement la porte de l'amphithéâtre pour ne pas se faire remarquer après son retard. Puis il alla rejoindre discrètement une place vers le milieu des gradins.
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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Lun 2 Fév - 17:37

Morrigan courait. Ca commençait vraiment à devenir une habitude. Bon dieu comme elle serait heureuse d’apprendre enfin à voler comme savaient le faire les élus expérimentés… Ainsi que des gens qu’on ne pouvait pas exactement appeler des élus, ça elle l’avait appris il y a peu, démonstration à l’appui.

Avant de se rendre compte qu’elle était en retard au rendez-vous fixé par le fameux Dorgoth Thorn, personnage dont tout le monde parlait, et qu’en prime l’amphithéâtre était une des salles qu’elle n’avait pas encore localisées (un machin de cette taille ne devrait pourtant pas être bien difficile à dénicher…), elle était emplie d’une profonde satisfaction. Satisfaction qui n’était pas seulement due à la douche chaude qu’elle venait de prendre, mais également au fait qu’elle n’avait eu besoin d’aucune serviette pour se sécher : c’est en effet sans difficulté réelle qu’elle avait réussi à faire évaporer l’eau qui recouvrait son corps, ce qui était passablement satisfaisant pour une première tentative.
Elle repensa à l’inconnu qui avait débarqué en lui faisant une peur bleue au bord du lac, puis était reparti aussi soudainement qu’il était venu. Elle aurait à présent une réponse un peu plus précise à lui fournir s’il lui reposait la même question. Mais elle ne l’avait pas revu depuis qu’il l’avait laissé sur place. Elle le regrettait un peu vu toutes les questions qui étaient restées sans réponse ce soir-là mais elle avait aussi conscience que, à moins qu’il ne se décide à être plus franc, la situation n’aurait guère évolué (et n’évoluerait guère), du moins si on considérait le fait qu’elle ne pouvait même pas lui demander depuis combien de temps il était arrivé sur cette île.
Mais elle le retrouverait, elle le savait. Si le destin, ou le hasard, ou peu importe comment on désirait l’appeler ne le mettait pas de nouveau sur sa route, elle s’en chargerait…

Enfin, pour le moment, elle était en retard et franchement à bout de souffle. Elle ne put s’empêcher, comme toujours dans ce genre de situations, de rire d’elle-même, d’autant qu’elle eut à ce moment une pensée pour Sliesch, qui aurait été fier de sa promptitude à s’en remettre au hasard pour choisir un couloir. Il aurait d’ailleurs été d’autant plus fier qu’elle aperçut à cet instant nul autre que Soul, qui avait probablement été aussi convoqué puisque nouveau. Au moment où elle allait l’interpeller, il disparut derrière une assez grande porte. Elle savait au moins où aller. Songeant qu’il y aurait à ce cours au moins un visage familier, elle poussa à son tour la porte…
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Dorgoth Thorn
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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Dim 22 Mar - 20:36

La salle se remplissait peu à peu, quelques minutes après l'heure de rendez vous qui avait été donné à tout les nouveaux elle était occupée par une centaine d'élèves qui l'emplissaient, en plus de leur présence matérielle, d'un frémissement de voix tentant pour la plupart de se faire basses, certains élèves restaient assis, d'autres s'étaient dirigés vers des connaissances formant des groupes d'où s'échappait parfois des éclats de rires. L'intérêt de la plupart des élèves était en grande partie dirigé vers les élus du feu. En effet, ayant côtoyé le Maitre des Cendres lors de ses cours ils devenaient des sources d'information précieuses et étaient assaillis de questions, ce qui n'était pas pour déplaire à la plupart des pyromanciens.
Certains, une feuille, un stylo, ou une console de jeu entre les mains, attendaient l'apparition de celui qui leur avait donné rendez-vous, d'autres regardaient d'un air timide autour d'eux, jetant un rapide coup d'oeil à leur montre de temps en temps, l'impatience gagnait peu à peu l'ensemble de l'assemblée et les remarques sur le retard du directeur, soi-disant irréprochable furent murmurées, très doucement.
Dorgoth pendant ce temps promenait son regard de félin sur ceux qui l'attendaient, invisible à leurs yeux derrière l'immense rideau rouge qui cachait les coulisses. Il pouvait sentir les auras s'agiter la tension monter, dans un coin de l'amphithéâtre on lança un sort, de métal. Le maître des cendres cligna des yeux, il ne pouvait pas les faire attendre trop longtemps, encore quelques minutes et il entrerait sur scène.
Abandonnant le rideau il fit quelques pas en arrière, sans se retourner. Son esprit était plus lucide qu'auparavant et il savait ce qu'il avait à dire, dans les grands axes tout du moins, cela suffirait, il était presque impatient, impatient de voir tout ces yeux rivés sur lui avec une crainte religieuse qu'il commençait à connaitre. Comment allait-il leur apparaître? Il ne voulait pas transformer son cours en pièce de théâtre, sans vouloir non plus se montrer sous sa forme la plus humaine et de ce fait perdre le halo de mysticisme qu'il l'entourait dans les conversation de l'académie. Il avait revêti sa tenue de professeur, abandonnant ses lourdes bottes coquées et ses habits sombres et délavés, ce qui lui donnait l'air d'un jeune cadre d'entreprise, s'il on excluait les runes qui parcouraient les bords des manches et l'amulette qui pendait à son cou, régulièrement caressée par les doigts du conseiller divin du feu.
Il n'avait plus beaucoup de temps maintenant, la plupart des élèves ne prenaient même plus la peine de murmurer, les rires cessaient d'être étouffés et déchirait le silence, stridents et nerveux, la tension montait, encore une poignée de minutes et les incidents commenceraient à se produire. Se retournant enfin Dorgoth marcha à grands vers le fond de la salle et posa sa main sur le mur poussiéreux. Aussitôt, reconnaissant l'empreinte d'un notable de l'académie le mur s'anima et des zébrures bleues apparurent à sa surface. En contact avec la matrice même de la salle le maître des cendres y fit affluer un flux magique qui lui permettrait d'agir sur l'apparence de la salle comme il le désirait.

L'obscurité se fit, en partie, non pas comme si l'on avait éteint les lumières, car celles-ci semblaient toujours être allumées mais leur clarté semblait s'être atténuée. Les ombres semblaient se répandre doucement en avalant toute source de rayonnement. Mais au moment ou tout allait plonger dans les ténèbres celles-ci stoppèrent leur progression laissant les élus dans un crépuscule presque aveugle. Les discutions s'étaient tues avec la lumière, le son aussi semblait avoir été aspiré par l'ombre, mais en réalité le silence était dû au fait que personne n'osait parler, les étudiants regardaient autour d'eux, cherchant dans leurs propres regards, dans les recoins de la salle ce qui aurait pu provoquer ce phénomène.
Au moment ou les bouches les plus téméraires s'ouvraient, un scintillement éclatement apparut soudain dans le fond de la scène sous la forme d'une longue ligne rougeoyante d'où s'échappait un murmure grave. Les élus, leur yeux se remettant de l'éblouissement, virent cette ligne de lumière s'élargir lentement tandis que le murmure grandissait. Peu à peu, on put apercevoir que ce qui libérait cette lumière était en fait une énorme porte de métal couverte de symboles runiques qui s'ouvraient lentement et que le murmure que l'on entendait de plus en plus intense provenait du paysage apocalyptique qui se trouvait derrière les portes. L'image d'une immense ville se consumant dans un feu infernal était peu à peu libéré par les portes. D'immenses tours qui semblaient avoir été bâties par des géants se morcelaient et étaient peu à peu englouties par le brasier, le sol quand à lui n'était plus que fissures rouges, braises et cendres.
Ces dernières semblèrent d'ailleurs s'animer et portées par un vent brûlante elles franchirent les portes dans un courant d'air dont la chaleur fit apparaître de nombreuses gouttes de sueurs sur les fronts. Les feuilles grises et morcelées volaient dans l'amphithéâtre pour y voleter quelques secondes avant de mourrir à nouveau sur le sol où elles disparaissaient.
Le silence du coté de la salle était toujours présent, on attendait que quelque-chose se passe, il
devait
se passer quelque-chose.
Et en effet quelque-chose se passa. Un mouvement différent de celui des flammes apparut soudain aux élus. En effet dans le ciel rougeoyant quelque-chose était apparu. Un point noir qui semblait grossir peu à peu, une forme humaine. Cette dernière semblait tellement loin et pourtant si près... la porte était la depuis quelques-secondes, ou bien étais-ce depuis une heure? Les notions de distance de temps semblaient avoir été happées par les portes et remplacées par les lois métaphysiques de ce monde mort. La silhouette disparut et, dans un flash, atterrit, courbée, au milieu dans les flammes, sans un bruit. Doucement on vit l'être se redresser, caché par les flammes qui l'entourait on ne discernait toujours que sa silhouette qui décidément était bien humaine hormis les deux grandes ailes qui semblaient collées à son dos et les proportions de ses membres. Semblant se retourner, comme si elle apercevait les portes ouvertes elle commença à avancer vers elles mais, à mesure que la chose approchait les flammes qui l'entouraient la suivaient comme si elle faisaient partie intégrante d'elle puis, quand l'être de flamme atteignit les deux immenses battants noirs elles disparurent dans un bruit sec et profond, il y eut un second flash. Un vision furtive s'imprima dans la rétine de tout les élus présents dans la salle, celle d'une créature de deux mètres de haut, enveloppée dans un halo sombre, aux contours vaguement humain mais gangrenés par une multitude de pointes noires, certains élus, quand on leur demanda ce qu'ils avaient vus affirmèrent avec certitude avoir aperçu des cornes et de fines mains griffues. Le désespoir, tous furent d'accord pour dire que c'était l'unique sentiment qu'incarnait cet être sorti des enfers qui semblait les fixer si intensément de ses yeux fous, brûlants d'envie.
Mais un battement de cils plus tard tout avait disparu, le feu les portes, le démon. Seul, à la place de la créature, se tenait un homme aux cheveux rouges, les mains derrière le dos fixant ses élèves d'un air mi-interrogateur mi-agacé, ses yeux cuivrés parcourant l'assistance totalement immobile.


"Eh bien...que vous arrive t-il? On croirait voir des morts!"

L'air sembla revenir dans les poumons, et le sang dans les veines, peu à peu tout les élus recommencèrent à bouger hésitants mais, étrangement, personne ne parlait.

"Enfin...Bonsoir."

Lorsque l'obscurité était arrivée on était en début d'après-midi et pourtant, personne sembla vouloir reprendre le maître des cendres.
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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mar 7 Avr - 16:56

L’obscurité s’était déjà faite sur l’amphithéâtre quand Morrigan y pénétra. Un moment désorientée, elle abandonna rapidement l’idée de chercher refuge auprès de visages connus (Soul avait disparu et la pénombre, bien qu’incomplète, ne lui permettait pas d’identifier à coup sûr les autres élus) pour parer au plus pressé : trouver une place, n’importe où, juste ailleurs que là, en plein milieu, et se faire oublier. La tension dans la pièce était palpable et Morrigan comprit enfin ce qui l’avait perturbée à son entrée : c’était le silence, ce silence lourd et oppressant qui, tel une lourde étoffe étendue sur l’assemblée, semblait étouffer artificiellement les cris d’angoisse qui menaçaient de faire exploser des dizaines – centaines ? – de poitrines. Poitrines qui se trouvèrent de plus en plus mises à mal à mesure que s’élargissait cette étrange raie de lumière rouge et fantastique…

Morrigan était toujours debout, tentant d’évaluer les chances qu’elle avait de parvenir sans trébucher aux sièges libres les plus proches, à une dizaine de mètres de là. Faibles, estima-t-elle, même si elle avait été dans son état normal. Or, même si elle tâchait de rester stoïque devant la mise en scène du Maître des Cendres, elle dut reconnaître que ses jambes la porteraient très certainement encore moins bien que d’habitude si elle faisait une tentative.
Elle sentit une goutte de sueur lui parcourir l’échine, son corps n’étant pas accoutumé à subir les assauts d’autant de chaleur. Pourtant, cette chaleur, qui n’avait assurément rien de naturel, semblait trouver en elle un écho dans un passé proche, un écho qu’elle ne s’expliquait pas… Elle n’eut cependant pas le temps de méditer sur cette sensation car conserver son calme exigeait d’elle une concentration sans faille au milieu de toute cette pression visuelle et sonore.
Est-ce que tout cela était normal ?
Un rapide regard circulaire l’informa qu’en tous les cas, personne n’était apte à tenter quoi que ce soit pour le moment : la plupart des jeunes gens étaient férocement cramponnés à leur sièges, et certains présentaient un visage passablement spectaculaire.

Elle regarda de nouveau la ville en proie aux flammes et il se passa alors quelque chose d’étrange : au moment précis où apparaissait dans le ciel torturé une silhouette sombre et lointaine, elle ressentit une vive douleur au niveau des omoplates, comme si on lui avait enfoncé une lame glacée de part et d’autre de la colonne vertébrale. Elle aperçut, malgré sa vision brouillée, la créature dantesque qui se rapprochait, nimbée de flammes, puis tout sembla s’enchaîner : tout d’abord, la vision cauchemardesque se dissipa en même temps que disparaissait sa douleur (une fois de plus, elle remercia intérieurement l’obscurité de lui avoir offert sa protection car elle n’avait pas dû sembler très fraîche pendant quelques instants… En même temps, ce n’était pas comme si elle avait été la seule…) ; elle prit alors conscience qu’elle était à genoux mais, avant qu’elle ait pu esquisser un mouvement, une voix lui parvint, une voix qu’elle n’avait pas souvent entendue mais qui lui était déjà familière… Elle fut debout si vite que la tête lui tourna. Elle n’avait pas rêvé : au beau milieu de la pièce, l’air parfaitement décontracté, affichant cette nonchalance qu’elle lui avait déjà tacitement associée, se trouvait le jeune homme qu’elle avait rencontré l’autre nuit, au cours de circonstances pour le moins particulières…
Mais que pouvait-il bien faire là ?
L’évidence mis un temps presque absurde à se frayer un chemin jusqu’à son cerveau. Maître des Cendres, hein ? Rien que ça… Mais... elle imaginait tout de même que cette figure presque mystique serait plus... âgée ? Quoiqu'habillé de la sorte, il semblait plus vieux. De toute façon, la fugacité de leur rencontre ne lui avait pas permis de l'interroger sur son âge. Et puis, d’un côté, cela expliquait un certain nombre de choses… Cela lui semblait même logique, une évidence, comme la clef d’une énigme une fois qu’on l’a trouvée, après avoir longtemps bataillé pour lui donner un sens. D’ailleurs, maintenant qu’elle savait qui était derrière tout cela, elle reconnaissait sa manière de soigner son entrée (si elle avait su combien son arrivée au bord du lac était dérisoire !), et surtout l’empreinte que sa magie avait laissé sur elle la dernière fois, et qu’elle avait reconnut cette fois-ci, comme on reconnaît un goût sans parvenir à l’identifier. Même avant de découvrir son don, elle avait toujours possédé une espèce d’hypersensibilité à tout ce qui était au-delà du tangible, du raisonnement intellectuel, tout ce qui était du domaine des auras, de la perception métaphysique. Elle pourrait peut-être développer cette capacité en même temps que son pouvoir…

Partagée entre la joie, la colère et le soulagement, elle tituba tant bien que mal jusqu’à une place libre, décidant qu’elle aurait tout le temps de mettre de l’ordre dans ses pensées plus tard, et parfaitement conscience d’être la seule à oser réellement bouger, le seul corps en mouvement dans tous les gradins. Elle s’installa, le souffle encore un peu court, et fixa de nouveau le Maître des Cendres, songeant qu’à présent, elle connaissait son nom…
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Soul Crew



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mer 15 Avr - 21:12

De là où il était, Soul avait une velle vue sur le devant de l'amphitéâtre. Le siège était confortable, il y avait un groupe de jolies filles un rang devant, l'air était conditionné. Ce cours spécial s'annonçait bien. Soul remarqua cependant une certaine tension dans l'assemblée. En effet, les étudiants criaient, rigolaient, certains chantaient même.

-Dis-donc l'ami, il se passe quoi là? demanda l'élu du métal à son voisin de droite.

Le jeune homme était entrain de jouer à un jeu vidéo sur une console portable. Agaçé par cette interruption, il appuya à contre-coeur sur le bouton "Pause" et répondit brièvement qu'ils attendaient tous depuis une bonne demi-heure, puis il retourna aussitôt dans son monde virtuel.
Soul haussa les épaules. Pour lui, ce petit imprévu tombait bien: il n'était pas en retard. Vu comme c'était parti, il supposa que le professeur intervenant n'allait pas arriver de si tôt, et c'est tout naturellement qu'il se pencha en avant pour entamer une conversation avec les belles demoiselles. A peine eut-il ouvrit sa bouche pour prononcer un mot qu'une obscurité des plus étranges s'insinua dans la grande salle. La bouche entrouverte, Soul se redressa doucement et se cala contre son fauteuil. La drague pourrait attendre un peu. Il entendit un gémissement venant de sa droite, et il comprit que son voisin n'était pas très content de devoir éteindre sa console, croyant que la séance allait commencer.


L'ambiance avait changé du tout au tout. Soul maintenait son regard rivé vers l'estrade, en attendant l'apparition du Maître des Cendres. Mais c'est une barre de lumière rouge qui se présenta à eux. Soul s'apprêta à commenter l'ingéniosité de l'effet lumineux, mais la bande s'élargit, attirant vers elle toutes les paires d'yeux des jeunes étudiants. Soul, qui trouva que la lumière semblait anormalement naturelle, ravala sa faible remarque et se contenta d'attendre la suite. Un murmure d'effroi glaça l'assemblée lorsque tout le monde découvrit la véritable source de cet éclairement rougeoyant. Soul, qui n'en croyait pas ses yeux, retira d'un geste souple du poignet sa paire de lunette et les nettoya en quelques secondes à l'aide de son tee-shirt, puis se les remit bien en place sur son nez. "Non!" eut-il envie de lâcher, tant il ne pouvait pas accepter le spectacle apocalyptique qui se présentait devant lui. C'était une illusion, se dit-il. Cependant, lorsque la chaleur l'atteint en pleine face et que des cendres emplissaient l'air autour de lui, sa certitude se fit moins prononcé. Aussi, un murmure sourd, tel un bourdonnement, imposait sa puissance sur les voix inquiètes des étudiantes.
Etait-ce de la magie? Un pouvoir extraordinaire! L'élu devait être extrêmement puissant comparé à Soul. Lui qui peinait à tordre une petite cuillère avait du mal à croire qu'un homme seul puisse créer une illusion d'une telle ampleur, seulement armé de sa pensée. Loin du cauchemar, Soul était désormais en pleine contemplation. Au final, l'esthétique morbide de ce tableau lui procurait un certain amusement.


Soul fut alors privé de ses rêveries quand il sentit le sol tremblait brievement prêt de lui. Il chercha des yeux l'origine de cette secousse, et put entrevoir une silhouette à genoux, tout près, à moitié affalée sur le sol. Il se propulsa alors hors de son siège, en espérant pouvoir aider cette personne qui avait apparement reçu différamment le message que donnait cette scène. C'est alors à quelques centimètres d'elle que Soul fut taclé au genou, surement par l'un des nombreux Elus apeurés qui gesticulaient en tout sens. Il tomba violamment à terre et il fut forcé de constater, impuissant, l'arrivée d'un démon (comme si cela ne suffisait pas). Conscient qu'il risquait d'intercepter d'autres coups perdus, il concentra ses efforts pour se faufiler jusqu'au fauteuil libre le plus proche.

La séance de simulation de fin de monde se termina quelques instants plus tard. En une fraction de seconde, la fraîcheur était revenue, le bruit sourd avait laissait place au silence, au vrai, et le démon avait disparu, et seul resta le Maître des Cendres, qui salua l'assemblée d'un "Bonsoir". Wha! Il avait du cran celui là! Même si il ne savait apparement pas lire une montre, Soul l'aimait bien. Il était incroyablement puissant, et son humour quelque peu osé s'en ressentait. L'élu du Métal était assez désorienté par ce retour à la normale, et il n'avait pas remarqué que Morrigan Undomiel était assise dans le fauteuil juste à sa gauche. Il fut d'ailleurs plutot étonné de la voir là, le souffle coupé. Il lui tapota l'épaule et, pour ne pas se faire prendre par le super-prof, lui murmura aussi bas que possible:

-Hey! Morrigan! C'était cool, hin?
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Dorgoth Thorn
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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Dim 10 Mai - 20:25

Dorgoth hocha la tête attendant que les conversations reprennent. Ce fut un brouhaha au moins aussi intense que celui qui avait brusquement cessé quelques instants plus tôt qui reprit sa place dans l'atmosphère flottante qu'avait laissé l'arrivée du maître des cendres. Les uns, tout en faisant mine de rassurer les autres, tentaient de calmer leurs propres inquiétudes en riant nerveusement ou en lançant des remarques sur le goût de ce qu'ils venaient de voir, sans pour autant cesser de jeter des regards furtifs au directeur de l'académie. D'autres au contraire, sans se soucier des considérations, exprimaient leur admiration pour ce qu'ils venaient de voir, certains allant même jusqu'à dénigrer leur élément, les élus du feu eux jubilaient. Tous s'en souviendrait longtemps. De l'indignation, de la colère, de la surprise, de la peur, de la terreur, de l'amusement...tout cela Dorgoth le ressentait dans les flux magiques qui fusaient et s'enroulaient autour de lui, il était surement le seul à les ressentir. Quand il jugea le bruit produit par les élèves trop insupportable, il compta silencieusement jusqu'à cinq avant de lever un visage dur et fermé vers les élèves, le bruit diminua mais ne disparut pas complètement, il tiqua. Il aurait pu attendre encore un peu, pour laisser à tout le monde le temps de se remettre mais il voulait son intervention percutante. Il prit une légère inspiration.

"Silence."

Quelques secondes plus tard tout les regards étaient tournés vers lui et le silence s'était fait. Son regard parcourut l'assistance, comme s'il voulait que la culpabilité consume chacun des élus présents, en réalité il ne les fixait pas vraiment il se contentait de faire défiler son regard assez lentement pour être crédible, inquiétant. Pourtant son regard ralentit, il avait apperçut Morrigan, sans changer d'expression il fit comme s'il ne l'avait pas vue et d'un bref mouvement de tête il acheva de sabrer l'assemblée de ses yeux de braise. Mais son regard n'étais surement pas passé inaperçu

"Bien...
Je vous ait convoqués ici, jeunes élus...


Dorgoth se comportait, exactement comme s'il voulait mettre son auditoire le plus mal à l'aise possible et, surtout, comme s'il voulait par la parole, creuser le fossé qui les séparait en terme de puissance, et d'origines.

"...pour vous parler de magie. Assurément vous vous en doutez, et pourtant je ne vais pas ici vous apprendre un quelconque sortilège, vous parler des flux arcaniques ou encore vous faire réciter des enchantements, vos professeurs le font sûrement très bien."

Le maître des cendres marqua une pause et passa vers le fond de la salle passant ses mains sur le bureau qui s'y trouvait avant de s'y appuyer. Toutes les auras s'étaient plus ou moins calmées, il tenait son public.

"Je suis venu vous parler de ce que vous pensez être votre, notre univers magique"

Dorgoth, sans baisser les yeux tendit la main vers le sol, dans la direction d'un objet noir et calciné qu'il était impossible d'identifier, un halo gris l'enveloppa et, comme s'il prenait vie, le morceau de charbon vint se poser dans la main du conseiller divin du feu.

"Le monde que vous venez de voir s'appelle Exhula dans les textes des anciens élus, c'est une minuscule lune flotant autour d'une planète d'une autre dimension. Son paysage lunaire est trompeur, de nombreuses espèces y vivent et ses vallées souterraines abritent une végétation luxuriante et incroyablement diversifiée. Une espèce la peuplant est à retenir, une race de reptiles bipède, à peu de choses près aussi intelligente qu'un élu. C'est un peuple devenu sédentaire il y a peu et qui commence à peine à maîtriser les rudiments de la culture mais qui effectue découvertes sur découvertes à une vitesse surprenante."

Dorgoth fit quelques pas derrière le bureau puis tourna le dos à son public, pour se retourner lentement.

Ce n'était plus le visage de Dorgoth qui jeta un sourire railleur aux élus, une peau écailleuse et sombre, des stries rouges, des yeux félins, une beauté à couper le souffle, une ignomie à rendre fou. Un démon de vice et de plaisirs leur faisait face. Mais ce fut bien la voix du maître des cendres qui retentit.

"Ce monde est mort il y a un an. Je l'ai détruit."
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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mer 20 Mai - 16:03

Morrigan sursauta à l’interpellation de Soul. Elle s’était demandée où il se trouvait, ne l’avait cependant pas imaginé si près. Elle lui adressa un sourire pâle mais sincère.

« Ce n’est pas forcément le terme que j’aurais employé, répondit-elle tandis que ses yeux revenaient, comme mus par une irrésistible attraction, au centre de la vaste pièce. Mais, il faut le reconnaître, ça a le mérite de nous sortir de notre routine, si tant est qu’une quelconque routine puisse exister ici… »

Elle se tut tandis qu’elle mettait un semblant d’ordre dans sa tête. Elle prêta une oreille distraite aux bavardages alentour, les jugea suffisamment puérils pour s’en laisser distraire.

« Silence. »
L’homme n’avait pas élevé la voix, mais son ordre était sans appel et les chuchotements cessèrent immédiatement. Le Maître des Cendres – Dorgoth – toisait à présent les élus. Au moment où elle allait poser une question à l’attention de Soul, ses prunelles se posèrent sur elle, pour s’en détacher prestement, comme on retire la main d’un objet brûlant qu’on aurait touché par inadvertance ; les mots murmurés qui s’apprêtaient à jaillir des lèvres de la jeune fille s’évaporèrent aussitôt, dissous par la braise de ces yeux, lesquels avaient un instant laissé entrevoir comme une fêlure dans l’assurance du jeune homme.
Le temps d’un battement de cils cependant et c’était comme si ce regard n’avait jamais existé, si bien qu’elle ne put qu’imaginer qu’elle avait rêvé. Un rêve plutôt plaisant d’ailleurs, dans lequel elle avait deviné au travers de deux puits de flammes le Dorgoth qu’elle connaissait. Ou plutôt, qu’elle était en mesure de reconnaître. Lequel était le plus Dorgoth, à ce propos ? L’insouciant jeune homme du bord du lac ? Ou l’homme sérieux et responsable qu’elle avait devant elle ? Un mélange des deux sûrement.

Elle voulut se retourner vers Soul mais elle avait complètement oublié ce qu’elle voulait lui demander. Sans importance. Elle se sentit malgré tout, pour une raison qui lui échappait, souverainement agacée.

« Bien...
Je vous ai convoqués ici, jeunes élus, pour vous parler de magie. Assurément vous vous en doutez, et pourtant je ne vais pas ici vous apprendre un quelconque sortilège, vous parler des flux arcaniques ou encore vous faire réciter des enchantements, vos professeurs le font sûrement très bien.
Je suis venu vous parler de ce que vous pensez être votre, notre univers magique.
Le monde que vous venez de voir s'appelle Exhula dans les textes des anciens élus, c'est une minuscule lune flottant autour d'une planète d'une autre dimension. Son paysage lunaire est trompeur, de nombreuses espèces y vivent et ses vallées souterraines abritent une végétation luxuriante et incroyablement diversifiée. Une espèce la peuplant est à retenir, une race de reptiles bipèdes, à peu de choses près aussi intelligente qu'un élu. C'est un peuple devenu sédentaire il y a peu et qui commence à peine à maîtriser les rudiments de la culture mais qui effectue découvertes sur découvertes à une vitesse surprenante. »


Elle s’aperçut alors que ses sourcils formaient un arc soucieux au-dessus de ses yeux, et que son front crispé devait être un miroir suffisamment parlant de ses émotions – ô divine obscurité !
Bon sang ! Elle commençait tout juste à se faire à l’idée des pouvoirs surnaturels, fallait-il vraiment qu’il rajoute la dimension parallèle ? Calme…
Et le pire dans tout ça, c’est qu’il le faisait exprès. Et que, tout en le sachant pertinemment, elle était obligée de rentrer dans son jeu, comme si elle ne contrôlait plus rien alors que lui tirait toutes les ficelles. Elle n’avait aucun contrôle sur les évènements, mais ce qui était bien pire est qu’elle n’avait aucun contrôle sur elle-même. Et elle détestait perdre ce contrôle-là.
Enfin… Après l’autre nuit, elle ne pouvait prétendre que cela était désagréable dès lors qu’elle cessait de se débattre mais, pour une raison quelconque, elle se sentait de plus en plus en danger. Alors elle se débattrait, même si elle savait cela inutile. Proprement exaspérant.
Il lui sembla soudain mettre le doigt sur quelque chose d’important : ce n’était pas lui qui l’exaspérait (enfin, un peu quand même, faut pas pousser), c’était elle.


Il était désormais de dos, l’air parfaitement à l’aise.
Morrigan sentit ses entrailles se glacer lorsqu’il se retourna, les fixant de ses yeux au rougeoiement particulièrement dérangeant. Mais ce n’était évidemment pas le plus dérangeant dans ce visage, qui semblait fait pour provoquer une réaction violente chez quiconque le contemplait. La douleur qui fascine et le plaisir qui tue. Ce n’était qu’une version légèrement retouchée d’un vers de Baudelaire, qui s’imposa à la jeune fille.

« Ce monde est mort il y a un an. Je l'ai détruit. »

Elle ne comprenait pas. Pourquoi leur disait-il cela ? Où voulait-il en venir ? Souhaitait-il leur faire peur ? Dans quel but ?
Elle perçut du mouvement sur sa gauche, eut la très nette impression que quelqu’un venait de faire un malaise (bravo monsieur le Maître des Cendres) ; la mince pellicule de sueur recouvrant tous les corps en présence lui était par ailleurs parfaitement perceptible.
Il y avait au moins deux choses qui n’avaient pas changé chez Dorgoth : son côté théâtral et son humour un peu… extrême.
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Sliesch Toado



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Sam 30 Mai - 17:03

Sliesch avait reçu une convocation il y a quelques jours du maitre des cendres. Dorgoth était son nom il lui semblait. Sliesch n'avait ni oublié l'heure ni la date, mais l'endroit exact ne lui disait rien, n'ayant jamais assisté à des cours. Sliesch avait donc entrepris de marche au hasard et d'ouvrir toutes les portes susceptible de recéler une quelconque sorte d'amphithéâtre. Il marchait donc ainsi commentant ses actions à haute voix, ce qui trahissait son ennuis profond de devoir chercher une salle.

-C'est celle là jle sens! clac. Oups autant pour moi . Clac. Bon alors c'est la prochaine.clac.... Ou pas...

Se sentant alors complètement paumé, et surtout presque en retard, il décida de faire recours à la théorie... arf... Sortant un plan de l'établissement, il remarqua qu'il était à l'opposé du bon endroit. C'est ce que je me disais pensa Sliesch. L'élu rangea la carte puis se remit à marcher d'un pas rapide, il entendit bientôt un bruit de porte se refermant.

Non en fait cela ressemblait plus à autre chose, comme une salle qui se taisait d'un seul coup. Puis il entendit une voix empreinte de puissance. Puis il la sentit nettement, l'aura dont on lui avait tant parler, celle que dégageait la puissance du maitre des cendres et de son frère Vect, maitre de la Foudre. Sliesch se dépêcha, il était à la bourre mais il sentait qu'il allait rater quelque chose d'important et cela, il ne pouvait le supporter. Sa curiosité l'emporta sur son caractère et l'élu se mit à courir en direction du bruit de la voix. Il s'approcha enfin d'une porte imposante et entendit:


«...Le monde que vous venez de voir s'appelle Exhula dans les textes des anciens élus, c'est une minuscule lune flottant autour d'une planète d'une autre dimension. Son paysage lunaire est trompeur, de nombreuses espèces y vivent et ses vallées souterraines abritent une végétation luxuriante et incroyablement diversifiée. Une espèce la peuplant est à retenir, une race de reptiles bipèdes, à peu de choses près aussi intelligente qu'un élu. C'est un peuple devenu sédentaire il y a peu et qui commence à peine à maîtriser les rudiments de la culture mais qui effectue découvertes sur découvertes à une vitesse surprenante. »


Sliesch semblait avoir rater l'introduction mais après tout, il restait encore tout le reste du discours. Sliesch prêta l'oreille, il voulait attendre le moment propice, où l'assemblée serait captivé par l'orateur. Le moment où il pourrait rentrer sans que trop de monde s'en aperçoive.

« Ce monde est mort il y a un an. Je l'ai détruit. »

Aïe, je suis tombé sur Dorgoth et pas Vect. Il vaut mieux me faire oublier songea l'élu de la terre. Le maitre des cendres avait en effet une réputation moins conciliante que son frère, et avec les pouvoirs qu'il avait il valait mieux éviter de trop l'énerver.
Cependant la révélation était troublante. Quel intérêt de déclarer ça a une assemblé de jeunes élus ? Que pouvait on amener comme discours après une introduction de ce genre, à part bien entendu, quelque chose du genre: il va vous arriver la même chose. Mais bon qu'importait. C'était le moment rêvée. Sliesch entrebâilla la porte et sans bruit rentra et ferma celle-ci. A côté de lui, un élu fit un malaise, Sliesch repéra Soul parmi l'assemblé, ainsi que Morrigan. M'enfin pas le temps d'aller les rejoindre. Sliesch sauta sur le premier fauteuil libre et prit place se fondant parmi les autres élus. Il regarda alors Dorgoth. Le maitre des cendres. Son regard était plus que troublant, il semblait nous happer pour nous faire sombrer dans un monde de folie et de flammes. Ces yeux incarnaient l'enfer, si on croyait à celui-ci évidement. Les yeux scrutaient l'assemblé, transperçant tout les auditeurs, un par un, ils se fichèrent un instant sur Sliesch et l'élu ressentis la puissance quelques instants. Les yeux repartirent, Sliesch secoua la tête. Il fallait qu'il arrête, ce n'était qu'un homme comme un autre. Il ne fallait pas tomber dans son piège, dans son jeu. L'admirer reviendrait a prouver sa faiblesse. Sliesch souria, il avait décidément de pensées internes vraiment stupides ces temps ci. Pourquoi se monter la tête pour rien.

Il ne fallait faire qu'une chose, rester planté là et écouter la suite au lieu de réfléchir de manière inutile aux milliers de choses qui pourraient arriver.

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Dorgoth Thorn
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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Lun 1 Juin - 10:00

La réaction qu'il escomptait provoquer fut à la mesure de ses attentes, quelques secondes après que ses lèvres se soient refermées il faisait face à une mare de visage ébahis, puis horrifiés, puis indignés, parfois dans un ordre différent mais -hormis certains élus qui semblaient un peu plus réfléchis que les autres et qui attendaient la suite, bien conscient que suite il y avait à un pareil discours- tout les élus exprimaient dans leur attitude une incompréhension face à cet acte cruel et dont il ne comprenait pas la raison.
Il y était, Dorgoth voyait, il entendait presque la supplication de tout les élus, ils voulaient qu'il leur donne quelque-chose, quelque-chose qui leur permette de comprendre. Ils voulaient qu'on les rassure, qu'on leur dise que tout ceci n'était qu'une farce, que le maître des cendres aimait plaisanter et qu'il n'étaient pas dirigés par un homme pourvu d'une cruauté sans égal, qu'on rajoute qu'il y avait de la glace au réfectoire au prochain repas et ils seraient comblés et ravis de la représentation. Moutons! Une bande de moutons à peine capable de former des glaçons dans un verre! Il s'y attendait mais ne pensais pas être aussi déçu. Il s'était toujours dit que l'arcanum formait l'esprit autant que le corps et que de ce fait, avoir ne serais-ce qu'une infime once de pouvoir magique permettait l'émancipation de l'esprit. A croire qu'il s'était trompé, sur toute la ligne. Il fit passer ses mains derrière son dos et se retourna une nouvelle fois, face au rideau. Il aurait voulu les laisser la, macérer dans leurs crainte, la crainte de ne pas être dans un paradis volant ou l'on peut se permettre de n'être que pour soi sans se soucier du reste de l'univers. En tout les cas il ne les rassurerais pas la dessus, mais il ne pouvais pas non plus se permettre de partir, il devait leur expliquer, il devait être patient avec eux. Après tout c'était lui qui était responsable de leur enseignement, et leur échecs étaient aussi les siens. Il souffla un coup et gonfla sa poitrine d'air.

"Shhht, le cours n'est pas fini, faites silence je vous prie."

Les élus se turent peu à peu et ils virent, avec soulagement, le visage humain du conseiller divin du feu se retourner encore une fois vers eux, c'était cette fois-ci un visage presque las, fatigué, compatissant, mais la lueur qui se maintenait dans les yeux cuivre de l'élu contredisait tout ce qui pouvait transparaître sur son visage qui pouvais supposer un quelconque regret, une hésitation.

"Bien je reprends, cette lune donc, est en orbite autour de la planète Thurz."

Dorgoth pianotta sur le bureau alors qu'un clavier au motifs étranges apparaissait sous ses doigts, peu après une fenêtre ovale s'ouvrit en suspension au dessus de l'estrade, offrant l'image d'un relief aux couleurs rouges, piqué de nombreux points noirs, parfois mouvants, dont on ne pouvait discerner la forme ni la nature à cette distance.
D'un geste le maître des cendres fit rapidement descendre l'image pour arriver au ras du sol. La prise de vue donnait l'impression d'être à l'intérieur de l'oeil d'un insecte qui se mouvait de manière fluide et rapide. Le paysage était désertique, composé d'énormes rocs rouges qui semblaient tous avoir été attaqués par l'air lui même, toute leur surface étant parsemée de trace de corrosion intentse, il en était de même pour le sol.
L'image s'approcha soudain d'un point noir, au fur et à mesure que celui-ci se précisait, on décelait une entrée percée dans un bâtiment cônique, décharnée, composée d'une ossature chitineuse sur laquelle était fixée plusieurs couches une sorte de toile noire opaque et sale, quelques pans arrachés de leur support volant au gré d'un vent chargé de milliers de points rouges. En haut de la masure on pouvait appercevoir un dispositif d'émission composé d'une antenne et d'un système électronique crasseux d'ou s'échappait parfois le scintillement d'une diode bleue.
Dorgoth se détacha un instant de la surveillance des élèves pour regarder, lui aussi l'image présente à l'écran. Que d'horribles souvenirs... c'était sûrement le pire monde qui lui avait été donné de visiter, mais qu'à cela ne tienne, l'exemple n'en serait que plus frappant. Il pianotta à nouveau sur le clavier et l'image changea, on voyait de nouveau le sol depuis les air, mais cette fois-ci, une immense forme occupait presque tout le sol et une masse grouillante et sans cesse en mouvement fourmillait autour. A nouveau l'image se précisa et zooma vers le bas. Alors que l'objectif faisait le tour de ce qui était posé au sol, chacun eut le loisir d'observer un énorme cylindre, composé de nombreuses plaques d'un métal luisant couvert de crasse et de graisse noire, il semblait à moitié construit et une multitude de formes, minuscules par rapport à l'énorme édifice semblaient s'affairer autour.

"Ceci, est un canon, fonctionnant à l'énergie solaire et grâce à de complexes mélanges de gaz et de minéraux présent en grande quantité dans l'atmosphère et la terre de cette planète. Ce n'est pas une arme mais une sorte de moyen de transport, il est évident qu'il ne peut pas déplacer d'être vivants, enfin, pas de ceux que vous l'entendez.
Une minuscule cellule est situé en son coeur, scellée par de
puissantes incantations."

Soudain l'objectif plongea à l'intérieur même du canon et en quelques secondes les élus firent face à l'image d'une chambre de verre opaque qui semblait fermée de toute part. D'étranges signaux fusaient régulièrement d'entre les murs trahissant la présence de nombreux appareils. Au centre une sphère d'un jaune claire était placée dans une coupelle d'os rudimentaire, l'image de la sphère s'agrandit. A sa surface on pouvait voir, régulièrement, des craquelures rouges et tremblantes, comme si des veines apparaissaient soudain sur la surface brillante, gorgées de sang au point d'éclater, pour être aspirées tout de suite après.

"L'artefact que vous avez sous les yeux contient plus d'un millier d'âmes. D'âmes impies, torturées et souillées, la puissance de l'une d'elle équivaut à la puissance d'une centaine d'élus, si ces âmes étaient libérées elle envahiraient et corrompraient chaque être vivant, chaque parcelle de vie qui les entoureraient, quelle qu'elle soit.
Ce canon, est dirigé vers Exhula, ou plutôt vers l'un de ses anciens bâtiments, la sphère devait, après avoir pris assez de vitesse, traverser un champ de magie dispersive qui aurait considérablement réduit les sorts qui maintiennent les âmes enfermées puis, elle devait traverser un miroir. Ce miroir était un puissant artefact, unique en son genre, qui permettait d'envoyer, une fois, un objet dans une autre dimension."

Encore une pause, l'écran disparut. D'après leur visages, certains élus commençaient à comprendre. Soupirant une nouvelle fois, Dorgoth poursuivit.

"Après des millénaires et des millénaires de préparation ce miroir avait été préparer pour envoyer cette même sphère dans notre univers ou les âmes maudites auraient pu se libérer."

Le maître des cendres tendit la main avant que quiconque ait eu le temps de parler, certains ouvrirent la bouche mais tous, finalement, prirent sur eux, impatient de savoir la suite, de plus en plus d'élus semblaient comprendre ou il voulaient en venir, tant mieux, ils expliqueraient aux autres.

"J'ai été averti à temps et nous avons pu intervenir en brisant le miroir et en mettant leurs installations hors d'état de nuire. Comment ais-je été averti de cette menace? Qui? Pourquoi? Ça n'as pas d'importance, maintenant les habitants de Thurz démontent le canon, il est devenu inutile. Sachez juste que l'être qui est derrière tout ça n'est pas le premier et encore moins le dernier."

Il frissonna, imperceptiblement, cet ennemi avait peut-être été le plus à même de détruire leurs univers, depuis il semblait les avoir oublié et c'était tant mieux, s'il tenait vraiment à les envahir il ne pourraient sûrement rien faire.
Se rendant compte du silence qui régnait dans la pièce il envisagea l'heure à son poignet et réfléchit rapidement à ce qu'il devait dire en priorité, le cours allait se terminer dans une vingtaine de minutes. Autant être bref même si moralisateur. Un livre apparut dans les mains du maitre des cendres et celui-ci l'ouvrit en son centre. La salle devint soudainement bleue éclatant, comme sous une cascade de lumière liquide qui occupaient chaque mètre carré, couvrant tout les reliefs de la salle si bien que les élus semblaient assis sur la lumière même et non sur leurs fauteuils. Toute cette lumière convergeait vers Dorgoth.

"Vous, tous, n'êtes pas des humains dotés de pouvoirs, vous êtes des élus, l'essence même de la Terre vous a insufflé une partie de ses pouvoirs."

Sa voix était calme et s'éleva, plus forte, grave, elle sonnait comme un ultimatum, c'en était en partie un.

"Les humains on bâti des religions, des mythes autour de votre différence, christianisme, chamanisme, sorcellerie, vous avez été adulés, respectés, traqués, exterminés, chassés!
Si les élus n'avaient pas été la qui sais ce qu'il serait advenu de la terre aujour d'hui?
Vos pouvoirs ne vous ont pas été donnés pour vivre dans la complaisance, ni pour vous rendre la vie facile, croyez moi.
Shima a des ennemis, à l'intérieur même de l'ile, la terre en a encore plus, ses habitants même sont dans les plus dangereux, nous sommes une race qui ne sera jamais totallement en paix."


D'un coup sec il refferma le livre et tout sembla retrouver un aspect matériel. Ses pupilles brillaient plus que jamais alors qu'il fixait son assistance. Lorsqu'il parla ses mots semblèrent se détacher lentement de sa bouche, comme s'ils voulaient leur donner le plus de poids possible.

"C'est à vous de choisir quel chemin emprunter, les plus simples sont rarement les plus salutaires ici. Le cours est terminé.

Le livre disparut et les portes s'ouvrirent dans un léger grincement alors que le silence s'effacait pour la dernière fois. Il s'en voulait un peu d'insufler tant d'inquiétude dans l'esprit des jeunes élus mais c'était nécéssaire, se dirigeant vers le bureau il s'y assit tandis que les élus prenaient la direction de la sortie, moins joyeux qu'à leur entrée. Dorgoth fit mine de s'occuper de papier, totallements inutiles, espérant que certains élèves viendraient le voir, bien qu'après son cours il doutait d'être moins craint qu'avant.
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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Lun 1 Juin - 20:13

Bon, il y avait au moins une chose dont Morrigan était certaine, non parce qu’elle avait eu une quelconque preuve dans ce sens mais parce que c’était ce que lui disait son intuition, son cœur, c’était que Dorgoth n’avait pas détruit cette planète par hasard. Encore moins par plaisir, même si elle savait depuis le début que le jeune homme, comme tout un chacun, dissimulait une part d’ombre.

Le trajet qu’il leur fit parcourir la conforta dans cette opinion, donnant peu à peu un sens à toute cette mise en scène. Elle observa tout, mettant entre parenthèses toute panique face à ce flot soudain d’informations surprenantes, attentive du début à la fin, sans oublier de jeter de temps en temps un œil sur Dorgoth. Elle remarqua de ce fait un léger frémissement lorsqu’il évoqua l’être à l’origine de tout cela, nota par ailleurs qu’il n’en disait rien de précis. Elle respectait. Il était peut-être professeur, peut-être puissant, mais il restait un homme – un homme qu’elle avait failli pousser à l’eau, d’ailleurs. Elle n’avait aucune idée de ce qu’il avait pu vivre depuis qu’il avait découvert sa condition, mais il s’agissait de toute évidence d’un chapitre éprouvant de son existence.

Un frisson de plaisir la parcourut lorsque la salle s’emplit de reflets bleus iridescents, en même temps qu’une énergie positive caressait sa peau. Elle se demanda si elle était la seule à ressentir cette onde, cette vibration, de façon aussi intense. Elle devait être un peu détraquée.
Le Maître des Cendres poursuivit de sa voix grave et chaude, bien que n’ayant rien de chaleureux à cet instant :

« Les humains ont bâti des religions, des mythes autour de votre différence, christianisme, chamanisme, sorcellerie, vous avez été adulés, respectés, traqués, exterminés, chassés!
Si les élus n'avaient pas été là qui sait ce qu'il serait advenu de la terre aujourd'hui?
Vos pouvoirs ne vous ont pas été donnés pour vivre dans la complaisance, ni pour vous rendre la vie facile, croyez-moi.
Shima a des ennemis, à l'intérieur même de l'île, la terre en a encore plus, ses habitants même sont dans les plus dangereux, nous sommes une race qui ne sera jamais totalement en paix.
C'est à vous de choisir quel chemin emprunter, les plus simples sont rarement les plus salutaires ici. Le cours est terminé. »


La sensation l’avait quittée lorsque les mains de Dorgoth avaient soudain refermé le livre (qu’était ce livre, d’ailleurs ?). Elle saisissait parfaitement tout ce qu’impliquaient ses paroles, à vrai dire sa démonstration était si claire qu’il n’aurait même pas été obligé de formuler sa conclusion. Enfin, pas pour elle en tout cas, car elle avait déjà mûrement réfléchi à tout cela. Elle n’était pas stupide, et savait pertinemment que rien, dans la vie, n’était acquis, qu’il fallait souvent se battre. Depuis qu’elle était sur Shima, cette conviction s’était renforcée, et l’apparente insouciance des élus qu’elle fréquentait lui avait souvent laissé comme un arrière-goût amer sur la langue, une inquiétude sous-jacente qui lui murmurait, lorsqu’elle se retrouvait seule, que rien de tout cela ne pouvait exister sans un prix à payer. Elle était en réalité soulagée de trouver enfin quelqu’un pour le prononcer, lui dire qu’elle n’était pas folle, confirmer ce danger qui était d’autant plus inquiétant qu’elle ne parvenait pas à le voir avec certitude, quand bien même elle le cherchait.
D’autre part, elle avait toujours su qu’elle aurait le choix, le choix entre plusieurs chemins, et elle en était rapidement arrivée à la conclusion qu’il lui faudrait emprunter le plus laborieux. Parce que c’était le bon. Elle le savait, elle y était prête. Comme quoi, on peut vraiment arriver loin quand on a la manie de trop réfléchir. Evidemment, il s’agissait d’une profession de foi. Personne ne lui avait jamais rien dit sur le sujet, elle pouvait aussi bien avoir perdu l’esprit. Mais elle avait toujours gardé ces réflexions dans son cœur. Et là, elle sentait qu’elle y était.

Elle prit conscience que tous les élus commençaient à se lever ; leur démarche mal assurée la fit sourire.

« Je suis d’accord avec toi, lança-t-elle à Soul, d’un ton plus léger qui semblait tout à fait déplacé, même à ses propres oreilles. C’était plutôt cool. » Elle s’autorisa à lui lancer un clin d’œil espiègle, ne laissant rien paraître des pensées qui avaient occupé son esprit quelques instants plus tôt. A ce moment-là, elle aperçut Sliesch. Cela faisait longtemps qu’elle ne lui avait pas parlé. Elle espérait vaguement les retrouver tous les deux à la sortie, mais en attendant, il y en avait un qui allait l’avoir dans les pattes. Enfin, c’était bien facile de penser ça comme ça, mais en réalité elle se demandait bien quel droit elle avait d’importuner quelqu’un dans son travail. Elle n’aimait pas déranger les gens. Elle jeta un coup d’œil à Dorgoth, toujours au centre de la salle, l’air affairé ; elle eut la fugitive impression qu’il remuait ses papiers plus qu’il ne les rangeait, et qu’il aurait pu faire montre de bien plus d’efficacité.
Et puis, de toute façon, elle avait des questions à poser. Sans même parler des questions qui lui étaient particulièrement réservées, cela faisait un moment qu’elle souhaitait parler à un élu expérimenté. Elle avait naturellement pensé tout d’abord à la Conseillère Divine de l’Eau, mais finalement pourquoi pas ? Au pire il n’aurait qu’à lui dire qu’il était occupé, elle s’en retournerait et se contenterait de lui en tenir éternellement rancune, le traitant intérieurement de tous les noms d’oiseaux qui lui passaient par la tête et qu’elle n’oserait même jamais prononcer à haute voix. Non, quand même pas.

Se demandant vaguement s’il existait des régulateurs d’imagination pour les gens incapables de l’empêcher d’aller plus vite que la musique, elle ajouta à l’attention de Soul :
« On se voit plus tard, j’ai quelques… questions à poser. »

Sans attendre de réponse, elle descendit les marches, d’un pas dont l’assurance la surprit elle-même.
Arrivée à quelques mètres de l’homme, elle marqua une pause. L’amphithéâtre était quasiment vide. Elle voyait mieux son visage de là où elle se trouvait à présent. Elle était par ailleurs à peu près certaine que lui avait conscience de sa présence, bien qu’il ne daigna pas encore relever la tête.
Ne sachant trop par où attaquer le problème, et peu désireuse de se compliquer la vie en tergiversant pendant des mois, elle s’entendit s’adresser à lui comme si ses cordes vocales s’étaient animées d’elles-mêmes.

« Est-ce que je dois revenir au bon vieux vouvoiement ? »
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Sliesch Toado



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Sam 6 Juin - 16:06

« Les humains ont bâti des religions, des mythes autour de votre différence, christianisme, chamanisme, sorcellerie, vous avez été adulés, respectés, traqués, exterminés, chassés!
Si les élus n'avaient pas été là qui sait ce qu'il serait advenu de la terre aujourd'hui?
Vos pouvoirs ne vous ont pas été donnés pour vivre dans la complaisance, ni pour vous rendre la vie facile, croyez-moi.
Shima a des ennemis, à l'intérieur même de l'île, la terre en a encore plus, ses habitants même sont dans les plus dangereux, nous sommes une race qui ne sera jamais totalement en paix.
C'est à vous de choisir quel chemin emprunter, les plus simples sont rarement les plus salutaires ici. Le cours est terminé. »


Et c'est ainsi que Dorgoth, le maître des cendres conclua son cours, si tant est que ce fut un cours. En effet si il y avait bien une chose que l'élu de la Terre avait remarqué, c'était bien qu'ils étaient très peu encadrés. Peut être à cause du fait que la conseillère divine de son élément restait introuvable, mais il n'avait jamais vu un cours dans une quelconque salle, même si ceux ci se déroulait de manière continu.En vérité, Sliesch n'avait jamais mis les pieds dans une salle, il ne pouvait donc avoir vu aucun cour se dérouler... Les conseillers étaient toujours disponibles et dispensait leur savoir en certaines occasions aux personnes qui venaient les trouver.

L'amphitéâtre se vida d'une foule d'élu... Imbéciles... Le seul moment où il pouvait en apprendre plus, ils partaient. Certains jouaient même de nouveau à des jeux vidéos sur leur consoles. Sliesch jura, puis se ravisa. Après tout moins il en restait plus il y aurait du temps pour ceux qui le désirait. Plus de temps signifiait plus de questions mais surtout des réponses plus longues. L'élu de la Terre n'avait aucune question particulière en tête, mis à part le fait de savoir où se cachait la conseillère divine de la Terre. Cependant il vit Morrigan s'approcher de Dorgoth et décida de rester.
Quand on n'avait rien à dire, le plus sage était de se taire, mais après tout, toute questions que pouvaient se poser un élu, concernait d'une manière ou d'une autre, les autres élus. Sliesch décida donc d'attendre et d'écouter. Pour l'instant, du moins, jusqu'à ce qu'une question intéressante se forme dans son esprit.

En attendant l'élu se mit à réfléchir sur la fin du discours de Dorgoth, tant que le dialogue avec Morrigan ne prenait pas des tournures plus intéressantes que les banalités d'usages.
Les chemins les plus simples n'étaient pas les plus salutaires ? Mais les plus tortueux n'étaient pas forcément meilleurs. Sliesch en faisait l'apprentissage en se laissant porter par le hasard. Néanmoins le choix du chemin n'était ni du destin, ni de la raison, ni même du hasard. Chacun agissait en fonction de ce qu'il était au plus profond de lui. Arff, cela ne menait nul part, en plus on n'entendait rien d'ici. Sliesch s'étira et se leva. Puis alla rejoindre Morrigan et Dorgoth. Plus Sliesch se rapprochait du bureau, plus il avait l'impression que Dorgoth mettait son bureau en désordre plus que de le ranger. M'enfin si c'était comme ça qu'il rangeait ses papiers, cela ne regardait que lui.

L'élu de la terre monta sur l'estrade où le bureau du maitre des cendres était installé. Il salua Morrigan et Dorgoth par un yo puis entama un dialogue un peu plus constructif.


- Excuser moi de vous interrompre si abruptement, mais je suis de ceux qui pensent que toutes réponses méritent d'être écoutés, c'est pourquoi sans avoir de questions particulières, je désire m'assoir assez près pour entendre tout ce qui peut être utile à un élu et prendre part si je peux à la conversation, qui s'annonce assez instructive, même si rien n'a encore était dit.
Appelez ça de l'indiscrétion, de la curiosité, amis je préfère déclarez ouvertement ce que je fais, plutôt que d'écouter peureusement de la haut. J'espère que je ne gêne personne en m'asseyant ici.


Sliesch pris position par terre s'adossant au mur de tel sorte de pouvoir voir Morrigan et Dorgoth et qu'ils puissent eux aussi le voir. Se placer en retrait aurait était malvenu, déjà que cet interruption semblait plus que malpoli. L'élu espérait n'avoir froissé personne, amis c'était le chemin qu'il avait choisi pour engager la conversation, n'était-ce pas ce que désirait le maitre des cendres ? Que chacun agisse selon ses propres idéaux, tout en respectant ce des autres et en ne bafouant pas l'utilité certaines des pouvoirs en les gâchant pour des stupidités...

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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Sam 6 Juin - 20:42

Dorgoth regardait les papiers qu'il avait entre les mains d'un air absent, comme un chat qui semblait s'occuper de la couleur des rideaux attendant que quelque-chose de comestible passe à proximité. Au moment ou, emporté par son rôle, il commençait à lire une liste d'élèves condamnés à laver la salle cinéma pendant plusieurs semaines, il sentit, à travers toutes ces auras qui s'éloignait, quelques autres qui ne semblaient pas suivre le mouvement et, plus particulièrement, l'une d'elles qui se rapprochait.
Légèrement hésitante, sur ses gardes, mais curieuse, après quelques secondes à fouiller sa mémoire sensitive il hocha imperceptiblement la tête en reconnaissant l'aura de..

« Est-ce que je dois revenir au bon vieux vouvoiement ? »


Décidément, elle devait toujours lui en vouloir pour ce qui s'était passé sur les rives du lac de Shima, quelques nuits auparavant, que de sarcasme pour une élève qui venait poser une question à un professeur!

"Morrigan?"

Il n'était plus sur de lui avoir demandé son prénom lors de leur précédente rencontre mais si c'était le cas il ne l'avait pas retenu. Il s'était donc renseigné par la suite pour savoir le nom de la jeune fille, se disant que s'ils se revoyaient, ce dont il ne doutait pas, il aurait été inconvenant d'avouer qu'il avait oublié le nom de la baigneuse, si toutefois il l'avait demandé.
Il avait toujours les yeux posés sur la liste de punis mais bien évidemment il ne la lisait plus. Il les releva, non pas pour les diriger vers son interlocutrice mais pour jeter un regard vers la sortie, certain élus étaient encore assez près pour les entendre, d'autre s'étaient même retournés, curieux de voir ce que l'élue de l'eau voulait demander au conseiller divin et, surtout, comment celui-ci réagirait quand elle oserait le déranger dans son travail, mais le regard de Dorgoth fit faire demi-tour à la plupart. Les autres, par peur de se trouver seuls, les suivirent. Néanmoins Dorgoth ne voulait pas prendre de risques, se tournant enfin vers Morrigan il lui ajouta un regard quelque peu rigide mais dans lequel transparaissait l'amusement.

"Au risque de te décevoir, je préfèrerais, nous sommes encore dans une salle de classe et je suis toujours professeur."

Bien sur ils auraient pu parler plus bas, ou il aurait pu attendre que les autres élus partent, mais cela aurait pu sembler un peu louche, et puis l'occasion qu'elle lui laissait de lui lancer une nouvelle pique était trop alléchante. Devant l'expression que prenait l'élue de l'eau il leva les mains en geste de défense et d'excuse, après tout il était plutôt content qu'elle vienne le voir. Il rajouta plus bas:

"Allez, tu t'y feras, et puis ça ne change pas grand chose non? tu as quelque-chose à me demander ?"

Il se retint de lui demander si elle voulait lui demander s'il pouvait intercéder en sa faveur pour la présence de vestiaires sur le bord du lac et attendit sa réponse.
Après quelques tergiversations, composées de rengaine, d'excuse et d'attaques sournoise de chaque parti Morrigan accepta de poser sa question
Mais alors qu'elle commençait sa phrase un autre élu s'approcha d'eux, le maître des cendres fronça les sourcils, il ne l'avait pas vu, il devait s'être placé derrière Morrigan, volontairement où non, alors qu'elle s'était approchée, mais il aurait du le repérer par son aura, il avait été négligent et, même si ici cela ne présentait pas de réel problème cela le contrariait. Sans que l'on lui ait autorisé quoi que ce soit l'élu, de la terre, après un "yo" inconvenant entama un long discours sur ce pourquoi il était là s'excusant autant que se justifiant, et il en avait besoin. Dorgoth détestait être interrompu, encore moins lorsqu'il discutait avec quelqu'un qu'il connaissait, surtout que la présence d'un élève lui empêchait absolument toute familiarité avec Morrigan, les restrictions devenaient réellement nécessaires. Il jeta un rapide coup d'œil vers l'élue de l'eau, elle semblait connaître l'incongru, ceci expliquait peut-être cela. Entre temps lui s'était assis contre un mur tout à son aise, mais ce regard ne cachait-il pas une peur, une tentative de bravoure? Et si c'était pour impressionner la jeune fille, aucune importance, Dorgoth décida, avec réserve, qu'il ne l'aimait pas.

"Et bien évidemment il ne vous est même pas venu à l'esprit que ce que cette jeune fille avait à me dire pouvait ne concerner qu'elle et moi? Ou encore qu'elle venait me parler d'un problème qu'elle voulait tenir sous ma discrétion? Ou tout autre chose qui n'auraient pas à entrer dans vos oreilles, élu?"

Sa tête était légèrement tourné vers le gêneur, ses pieds étendus sous le bureau, il se tenait parfaitement immobile, seuls ses yeux flamboyaients. Evidemment, quand des nouveaux se trouvaient à lui adresser ils ne pensaient pas qu'en plus de s'adresser à leur directeur il conversaient aussi avec quelqu'un dont la puissance approchait de celle de celui que les humains avaient appelé le fils de dieu il y a un temps. Bah c'était mieux comme cela après tout, il ne voulait en aucun cas être vénéré. Mais sa conduite envers un professeurs, dans une salle de cours, restait assez incorecte.
Dorgoth, après quelques secondes, se passa une main sur le visage et reporta un regard qui semblait las vers Morrigan.

"Bah, après tout, c'est à vous de décider s'il peut rester ou pas, enfin n'oubliez pas non plus de poser vos questions."

Voila, il se doutait que l'élue de l'eau, si elle le connaissait, le laisserait écouter leur conversations et c'était bien comme ça, il n'avait pas l'air stupide après tout, même si un peu maladroit.

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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Ven 19 Juin - 20:09

Morrigan fut surprise d’entendre son prénom dans la bouche du Maître des Cendres. Elle ne se souvenait pas le lui avoir donné mais, après tout, ce n’était que justice puisque elle-même connaissait le sien. Sans savoir pourquoi, elle aimait bien la façon dont il le prononçait. A la réflexion, c’était sans doute parce qu’elle l’entendait rarement, elle qui veillait à toujours se faire petite.
Elle fut amusée de constater que le premier réflexe de Dorgoth fut de vérifier qui pouvait l’entendre. Sa réputation lui était donc si chère ? Une réputation pareille devait certes nécessiter de l’entretien mais c’était une volonté que la jeune fille n’avait jamais très bien comprise chez les autres. Cela avait plutôt tendance à la faire sourire. D’un autre côté, il était plutôt normal qu’un professeur désire garder une autorité entière et crédible.

C’est pourquoi la réponse du jeune homme ne la surprit guère, bien qu’elle ne l’ait pas non plus envisagée auparavant, non plus qu’elle avait envisagé une quelconque autre réponse.
Après avoir imperceptiblement haussé un sourcil, elle prit donc un air grave et approuva d’un hochement de tête, avec une solennité volontairement caricaturale. Elle lui retourna son regard mi-strict mi-amusé tandis qu’il ajoutait :

"Allez, tu t'y feras, et puis ça ne change pas grand chose non? tu as quelque-chose à me demander ?"

Beaucoup de choses, aurait-elle voulu répondre, mais elle préféra ne pas l’affoler immédiatement… Et elle ne voulait pas lui faire perdre son temps. Priant de toutes ses forces pour parvenir, malgré la volonté qu’il avait d’être considéré comme un professeur, à s’adresser à lui comme elle l’avait fait la dernière fois (à savoir sans rougir), elle réfléchit de manière un peu plus précise à ses questions, et l’ordre dans lequel elle souhaitait les poser.
Retenant une phrase qui commençait plutôt mal (quelque chose du genre : « Si cela n’ennuie pas outre mesure votre très royale personne, je souhaiterais, s’il m’est permis… »), elle reprit avec plus de délicatesse :

« Hum, oui, en fait je…

-Yo, interrompit soudain une voix familière, qui la fit sursauter.
Excusez-moi de vous interrompre si abruptement, mais je suis de ceux qui pensent que toutes réponses méritent d'être écoutées, c'est pourquoi sans avoir de questions particulières, je désire m'asseoir assez près pour entendre tout ce qui peut être utile à un élu et prendre part si je peux à la conversation, qui s'annonce assez instructive, même si rien n'a encore été dit.
Appelez ça de l'indiscrétion, de la curiosité, amis je préfère déclarer ouvertement ce que je fais plutôt que d'écouter peureusement de là-haut. J'espère que je ne gêne personne en m'asseyant ici. »


Morrigan n’eut pas besoin de se retourner pour identifier Sliesch, mais elle eut juste le temps de remarquer l’éclair qui passa dans les yeux de Dorgoth que celui-ci s’adressait déjà à l’élu, d’un ton fort peu amène :

"Et, bien évidemment, il ne vous est même pas venu à l'esprit que ce que cette jeune fille avait à me dire pouvait ne concerner qu'elle et moi? Ou encore qu'elle venait me parler d'un problème qu'elle voulait tenir sous ma discrétion? Ou tout autre chose qui n'auraient pas à entrer dans vos oreilles, élu?"

Il n’attendit pas la réponse de Sliesch et reprit à son attention :

"Bah, après tout, c'est à vous de décider s'il peut rester ou pas, enfin n'oubliez pas non plus de poser vos questions."

Il ne s’attendait tout de même pas à ce qu’elle le renvoie ? Même s’il était clair que sa présence ne faciliterait pas les choses et lui imposerait de soigneusement choisir ses mots en vue de rester dans les limites d’une relation d’élève à professeur (elle avait d’ailleurs noté que le conseiller divin l’avait vouvoyée pour la première fois), elle ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la compassion à son encontre : elle n’avait jamais entendu Dorgoth parler de façon aussi acerbe. Elle ne regarda pas Sliesch, pensant qu’à sa place elle aurait souhaité disparaître sous terre (mais aussi, quelle idée), et ne désirant pas ajouter à l’embarras du jeune homme. Si embarras il y avait, d’ailleurs. De plus, c’était un peu (beaucoup) de sa faute à elle s’il s’était fait réprimander. Si elle n’était pas descendue, il aurait pu poser ses questions sans importuner personne. Elle sentit une soudaine chaleur sous-jacente lui rosir légèrement les joues. Quelle plaie ! Le fait de poser ses questions et d’en finir vite prit soudain des allures d’urgente nécessité.
Sauf que l’intervention avait mis quelque désordre dans sa tête, et force lui fut de constater qu’il lui était difficile de trouver des questions dont l’énoncé pouvait être entendu sans qu’elle n’en éprouve de gêne.

La situation délicate dans laquelle elle se trouvait l’agaçait à cet instant moins qu’elle-même, incapable d’y trouver une réponse simple et efficace. Au pire, elle pourrait toujours parler à un autre conseiller divin, celle de l’Eau par exemple, ou bien à Dorgoth lui-même, mais une autre fois. Mais non, c’était stupide, elle tenait son occasion, elle n’allait pas la laisser s’échapper uniquement parce qu’elle ne supportait pas de parler en public. Il y avait vraiment des moments où elle méritait des gifles. Il lui sembla juste cependant de laisser une marge de décision à Sliesch, après quoi elle aviserait. Naturellement, il s’agissait d’un compromis, et elle détestait les compromis, mais bon, hein…
Espérant que son auto-fustigation intérieure n’avait pas duré plus d’une ou deux secondes, elle s’adressa à Sliesch d’une voix hésitante, se faisant à elle-même l’effet d’une parfaite idiote et sûre que les deux hommes qui la fixaient n’en pensaient pas moins :

« Tu peux rester, bien sûr. Mais, euh, ça risque de ne pas t’intéresser beaucoup… enfin, le cours a été pour moi suffisamment… clair, donc si tu veux poser des questions dessus, il serait judicieux que tu le fasse avant moi… je crois… Parce que les miennes porteront principalement sur autre chose… »
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Sliesch Toado



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Lun 29 Juin - 9:37

Sliesch voyait qu'il avait jeté un froid sur la conversation, il s'en doutait, mais il n'avait pu s'empêcher de faire ce qui lui était passé par l'esprit, sans réfléchir, sans hésiter. Ce genre de comportement pouvait avoir des effets aussi bénéfiques qu'auto destructeur. Sliesch rangea cet évènement dans la seconde catégorie. L'élu résista aux pulsions de plus en plus fortes qui lui demandait de trouver un moyen de jouer, à n'importe quoi, pour fuir l'angoisse et l'humiliation que provoquait cette situation. Soudain il comprit, qu'il y avait une raison à son geste, non en faite il comprit que l'absence raisonnement lui ouvrait l'esprit sur certains points sur lesquels il ne s'était jamais questionné auparavant.

L'élu de la terre prit encore quelques secondes, longues secondes où un silence s'installa. Le regard plein de mépris de Dorgoth, celui quelque peu fuyant de Morrigan. Il lui manquait toujours de l'assurance, comme l'eau elle préférait prendre la forme de ce qui la contenait, plutôt que de prendre une apparence solide bien définit et de l'imposer aux autres. Sliesch prit alors une inspiration et posa sa question d'une voix décidé. Dans sa poche sa main triturait son jeu de carte et son angoisse s'était dissipé, pour l'instant:


-Pardonnez moi, je vois que je gêne profondément. Ainsi je poserais ma question et partirais ensuite.
Après votre cours, on ne peut se demander quel est le véritable intérêt des élus au sein de ce monde, ce qui résout un bon nombre de question. Mais J'ai remarqué un phénomène étrange lors de l'utilisation des pouvoirs. Il semble, enfin il est même sûr, que lorsque j'essaye de changer ne serait qu'une aspérité du bois en un endroit lisse, je m'épuise de manière considérable. Plus la demande est grande et plus le sort requiert de puissance. Notre fatigue est donc proportionnel, mais le fait est, que la condition physique des élus les plus puissants, est certes assez élevés, mais ne semble pas considérablement plus grande que celle des autres élus.

D'où vient ma question: D'où vient l'énergie lorsque nous utilisons nos pouvoirs ?

Dans l'absolu, de nous même, mais si c'était le cas, nous aurions tous la même force insignifiante de ceux qui comme moi, débute. Je ne sais pas si vous avez la réponse, ni même si vous vous êtes jamais posé la question, mais le problème de cette question est le fait que nous dépendions de cette source externe d'énergie si elle n'est pas produite par nous même. Et que si tel est le cas, il suffirait de détruire ou bloquer cette source, pour se débarrasser des élus et cela semble... fâcheux.


Sliesch prit appuis sur le sol avec une main se releva. Il n'épousseta, pas que le sol fut sale, mais par geste mécanique. Il pensa que la réponse serait courte, car soit Dorgoth savait, soit il ne savait pas. Cela s'arrêtait là, on ne pouvait pas débattre sur des hypothèses et des suppositions. Si le maître des cendres s'avérait ignorer la réponse, alors Sliesch aurait peut être un but, plus précis. En un sens il espérait que Dorgoth pourrait lui répondre, dans un autre il préférait le cas inverse.

Sliesch regarda le maitre des cendres, croisant son regard, l'élu de la terre le fixa, il voulait être sûr qu'on ne lui mentait pas, qu'on ne le menait pas en bateau, comme toujours. Il espérait, une réponse ranche, dénué des subterfuges du langage, mais pouvait on espérer une tel réponse sachant que l'on s'abritait derrière les choses que l'on ne voulait pas avoir à affronter...


HRP/ vraiment désoler du retard et du blocage du sujet que cela à occasionner./HRP

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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Ven 3 Juil - 23:38

Alors que Sliesch, après un instant de légère stupeur, reprenait contenance et commençait de nouveau à parler, Dorgoth lui, resta immobile. Mais cette lassitude méprisante et statique n'allait pas durer.
Alors que l'élu de la Terre s'excusait la poitrine du maître des cendre se souleva, pour quelques secondes plus tard permettre à ce dernier de pousser un soupir bien sincère, se confondre en excuse ne servait strictement à rien lorsque l'on avait fait un faux pas et mieux valait retirer son pied pour expliquer ensuite pourquoi il s'était trouvé là. Le jeune élu semblait bien parti pour plaider sa cause pendant une bonne dizaine de minutes que Dorgoth aurait apprécié passer seul avec Morrigan.
Mais le soupir ne vint pas, et la porte de la salle se vit brusquement privée du regard désireux que le conseiller divin comptait lui adresser, pour enfin faire comprendre au mal élevé qu'il avait tout intérêt à faire vite.
Le sourcil de Dorgoth se haussa de surprise alors que Sliesch exposait peu à peu, non pas le discours obséquieux et geignard auquel il s'attendait mais bel et bien une introduction à une question qui ne se fit point attendre:

"D'où vient l'énergie lorsque nous utilisons nos pouvoirs ?"
Comme pour vérifier qu'il se trouvait bien en présence de la même personne le maître des cendres, s'appuyant contre les acoudoirs de son fauteuil, se tourna pour faire face à son interlocuteur. Voila qui était très intéressant. Le coeur de Dorgoth battait de joie face à cette chance inespérée.
Bien sur il avait déjà rencontré des élus qui, débutant à peine, se posaient dors et déjà de telles questions. Tout les élus étaient amenés à se les poser, ou presque mais il y avait toujours des individus précoces en la matière. Ce qui satisfaisait réellement Dorgoth c'était que l'on lui pose cette question précise après qu'il ait fait son cours. C'était pour lui un réel accomplissement. Comme la réponse à une bouteille jetée à la mer. Le maître des cendres se leva totallement et hocha la tête. Aucune recconaissance d'aucune sorte ne se lisait sur son visage, il semblait chercher ses mots. Il releva la tête et ouvrit la main droite, aussitôt une boule rouge et crépitante y apparut.

"Voici un être humain, pour répondre à ta question nous traiterons uniquement des énergies."

La sphère de feu, après son apparition, prit une apparence plus stable pour enfin devenir totalement ronde.

"L'humain, comme tout les être vivants, peut se mouvoir et survivre grace à de l'énergie. Cette énergie il la puise dans sa nourriture, et grâce à son sommeil -je schématise bien sur- elle lui permet de survivre et de se reproduire, ce qui est le but profond de chaque individu de sa race et de touts les êtres non porteurs de magie, quoi qu'on en dise.
Ici j'ai exposé la provenance de l'énergie et son utilité.
Je ferais de même pour les élus. Un élu est un être humain ayant reçu ce qu'on pourrait qualifier d'apport auxiliaire d'énergie. Il peut manier cette énergie directement et la matérialiser sous différentes formes mais elle agit aussi sur ses cellules, sur tout son organisme."

Dorgoth ouvrit son autre main et une sphère identique à la première apparut. Mais quelques secondes après une ceinture de lumière claire vint s'enrouler autour d'elle, serpentant sur sa surface et la traversant parfois, pour ensuite s'en détacher puis revenir.

"Je parlerais de sa provenance concrète plus tard, pour le moment nous allont nous intéresser à son action sur le corps et à son maintient dans l'organisme.
Chaque cellule d'un élu est modifiée de manière à agir avec son élément et avec la magie qui le parcourt, ainsi la magie pourra combler ses carences et l'aider à survivre. Mais cette énergie est également limitée et le phénomène inverse existe, à savoir qu'un élu qui se reposera et se nourrira verra son énergie magique se régénérer. On pourrait croire que ce processus nécéssite des apports supplémentaires mais il n'en est rien. Le corps d'un élu moyen fonctionne de manière hybride, si son énergie métabolique et son énergie magique sont épuisées il meurt. A savoir qu'il est très difficile d'utiliser toute l'énergie magique d'un élu, celle-ci devenant de moins en moins accessible au fur et à mesure qu'elle réduit. Mais l'élu est alors plus vulnérable.
Un point important, surtout pour vous qui débutez, je parlais de deux énergie, sachez que pour le moment c'est à 95% votre métabolisme humain qui gère votre potentiel énergétique, vos cellules bien que prêtes à interagir avec votre pouvoir ne sont que très peu influencer et se détruiraient au contact d'une décharge d'arcanum trop forte de votre part."

Les doigts de la main gauche de Dorgoth se crispèrent légèrement et dans un éclair rouge accompagnée d'un claquement sec la bille de flammes disparut. Marquant une pause, Dorgoth fixa tour à tour ses deux élèves pour s'assurer qu'ils suivaient bien puis avec un sourire satisfait fit disparaître l'autre entité de feu.


"Je continue, tu parlais de la différence entre un élu entrainé et un débutant. Je crois être un bon exemple. Si vous avez suivi mon cours vous avez du vous apercevoir que j'avais la capacité de modifier mon apparence. Bien que je suis un cas assez particulier dans ce domaine sachez que de nombreux élus peuvent, s'ils le veulent, utiliser leur arcanum pour modifier les propriétés de leur cellules. Je ne parle donc pas ici d'illusions bien que celles-ci peuvent elle aussi être créées mais c'est une autre question. Il est donc bien évident qu'il y a une énorme différence entre les élus selon leur expérience et leur talent à manipuler la magie. Tout est question d'adaptation. Celle-ci s'effectue autant au niveau cérébral que dans le reste du corps, elle réside dans l'acceptation et la compréhension de votre pouvoir autant que dans la capacité d'exploitation de l'arcanum de vos cellules. Peu à peu les cellules du corps de l'élu deviennent hyperéceptives à l'arcanum pour ensuite muter et se composer elles même d'une part d'énergie magique. C'est un phénomène complexe que je ne saurais vous expliquer mais le principal est la, à partir de ce moment le corps de l'élu peut être modulé selon ses désirs et dans les limites que lui accorde la nature de son pouvoir. Et, il est bien évidemment renforcé mais également plus sensible à la magie. De manière sensitive j'entends.
"
Le maître des cendres était tellement pris dans son explication qu'il en oubliait même d'imager son exposé, de toutes manière cela ne lui semblait plus nécéssaire.

"J'en revient donc à ta première question: D'ou vient l'énergie magique? Eh bien comme chez l'humain, de la régénérescence des cellules et de notre environnement. A la différence près que chez l'élu l'environnement joue un rôle ô combien plus important. Un élu qui n'utilise pas ses pouvoirs verra son arcanum rétabli par la simple énergie magique qui est présente dans l'air. Elle est partout, dans notre dimension tout du moins. Chacune de vos cellules la capte et votre arcanum l'ingère, car votre pouvoir bien que composé d'énergie a sa volonté propre et un fonctionnement que vous ne pourrez totalement maitriser que lorsque vous aurez acquéri assez d'expérience.
Mais bien sur cela relance une autre question, d'ou vient cette même source d'énergie ambiante? Pourquoi est-elle là?
Et c'est ici que je vous ramène à la fin de mon cours, cette énergie a toujours été la, depuis que ce monde existe, c'est la source de pouvoir des gardiens de cet univers, nécéssaire donc par essence à sa survie. Ainsi nous qualifieront pas cet énergie de naturelle, la nature est autre, mais bel et bien de magique."

Les deux mains posées sur son bureau Dorgoth regardait avec une satisfaction non feinte les deux élus qui lui faisaient face tout en se rappelant qu'il avait totallement oublié de vouvoyer Sliesch, et après réflexion, se dit qu'il le méritait bien.


(Hrp: j'espère que je me suis contredit nulle part xD, je suis un peu fatigué la j'avoue, quelle idée d'oublier de répondre à un rp aussi, bonnes vacances !)

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Sliesch Toado



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mer 8 Juil - 10:06

Lorsque Sliesch eut posé sa question, le maître des cendres changea radicalement. Pas envers l'élu de la terre, mais envers l'intérêt qu'il portait à la discussion. Une flamme s'alluma dans la main de dorgoth, elle prit rapidement la forme d'une boule de feu. Sliesch ne put qu'admirer le pouvoir de Dorgoth une fois de plus. Celui ci commença alors son explication. Il était passionné par le pouvoir, on aurait cru voir un joueur virtuose jouer devant des milliers de personnes. On aurait pu croire que cette réponse était un aboutissement, une fin en soit même.

Dorgoth mentionna la source d'énergie des humains, puis la compara à celle des élus. Il expliqua en détail le fonctionnement de cette source, son alliance avec les cellules du corps de l'élu. C'était une symbiose, la magie, ou quoi que ce fut, dépendait de l'élu et celui ci devenait dépendant lui aussi, au fur et a mesure que sa puissance s'accroissait. Ces cellules se recomposaient, et devenaient en partie magique.

D'autres questions se formaient désormais à l'esprit de l'élu:

Et si quelqu'un inventait une arme capable d'anihiler l'arcanum dans une zone donnée ? Serait ce la mort des élus qui se trouveraient dans cette zone ?

Pouvait on isoler l'arcanum en une forme stable en dehors des cellules ?
Pouvait on créer des élus à partir d'humain ?


Sliesch eut un frisson à partir de cette pensée. Il se souvenait de tout les tests, de toutes les horreur que l'on avait fait subir aux cobayes dans le but de les "aider" de les rendre plus forts, plus résistant, plus ça ou plus ci... Cependant, il lui fallait se pencher sur ses problèmes, car plus vite il aurait une réponse, plus vite il comprendrait l'état même de la magie, et les bases de la puissance était la connaissance et l'entrainement. Sliesch se résolut à aller faire un tour dans les laboratoires le plus vite possible, quand il le pourrait.

Dorgoth termina son explication par une phrase qui résonna aux oreilles de Sliesch:

"Et c'est ici que je vous ramène à la fin de mon cours, cette énergie a toujours été la, depuis que ce monde existe, c'est la source de pouvoir des gardiens de cet univers, nécessaire donc par essence à sa survie. Ainsi nous qualifieront pas cet énergie de naturelle, la nature est autre, mais bel et bien de magique."

Sliesch songea que "toujours été là" s'opposait souvent à "sera toujours là". Sliesch venait enfin de trouver quelque chose, de quoi l'animer, le consumer, le consommer... une passion qui remplacerait, peut être, celle qu'il avait pour le jeu.

L'élu de la terre souria, mais il souriait vraiment cette fois, pas comme les nombreuses fois où il n'affichait qu'une façade qu'il savait aussi plaisante que détestable. Puis il prit la parole.


- Merci pour votre explication, cela m'a éclairer et guider vers d'autres questions. Mais toutes questions amènent à d'autres. Et je vous ai assez dérangez comme ça, peut être un jour où nous nous recroiserons, vous aurez le temps d'approfondir mes connaissances. Mais je pense que la meilleur des connaissances et celle que l'on acquiert soit même par expérience, plutôt que par la bouche d'un autre.

Sur ce, passez une bonne fin de journée, et puisse l'arcanum subsister assez longtemps...


Sliesch se retourna et sortit de la pièce, il lui fallait devenir plus fort, ne serait ce que pour gravir cette montagne qui le repoussait, Pour se débarrasser du jeu, pour atteindre ses rêves et pour prouver aux autres qu'il n'était pas qu'un pantin avec une façade souriante...

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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Lun 20 Juil - 16:30

Morrigan resta un moment sans voix quand Sliesch eut fini de parler. Ce qui n’était pas plus mal puisque, de toute évidence, elle n’en avait pas besoin. Contrairement à ce qu’avait annoncé le jeune élu, c’était en effet plutôt à elle de se taire et d’écouter. Et il avait dit n’avoir pas de questions ? Sans blague.

Il est vrai qu’elle ne s’était jamais demandé d’où venait l’énergie. Elle ressentit soudain un élan de gratitude pour le hasard qui l’avait amenée justement au bon endroit au bon moment pour entendre cette question et la réponse, réponse que Dorgoth fournit à la manière d’un exposé préparé longtemps à l’avance, de façon assez claire vu la complexité du problème. Les élus utiliseraient donc une magie extérieure, et c’était ainsi le fait de capter cette énergie qui épuisait physiquement. Les élus plus expérimentés ayant, naturellement, plus de facilité à l’utiliser, et en quantité plus importante, de par leur cellules plus imprégnées, voire… transformées ? L’énergie primaire ne viendrait donc pas du corps lui-même, même s’il est aussi sollicité, ce qui expliquait que les élus puissants ne soient pas d’affreuses montagnes de muscles ; en revanche, la capacité croissante des cellules à utiliser la magie environnante mettait à disposition de ces mêmes cellules une double réserve d’énergie – les apports « naturels » et l’arcanum –, fait qui expliquait à son tour la bonne condition physique des anciens élus.

Tout cela se mettait gentiment en place dans l’esprit de Morrigan, et elle était toujours en train de méditer les questions que cela entraînait tout naturellement lorsque Sliesch annonça son intention de partir, la ramenant à la situation présente.
Elle fit brusquement volte face vers l’élu de la Terre qui s’éloignait déjà, ouvrit la bouche comme pour le retenir, la referma en constatant qu’il était un peu tard pour cela. Mais c’était stupide, si quelqu’un devait partir, c’était plutôt elle.
Son assurance avait totalement fondu et elle ne parvenait pas à se rappeler ses questions. Seulement, comme disparaître sous terre ne faisait hélas pas partie de ses capacités, elle s’était depuis longtemps résignée à ce phénomène bien connu qui impliquait qu’on était toujours forcé d’affronter, de manière plus ou moins courageuse bien entendu, la situation dans laquelle on se trouvait, principe qui restait valable jusqu’à ce qu’on mette enfin au point cette foutue machine à remonter le temps. Et le pire dans tout ça, c’est qu’avec ce monde qui déraillait, elle n’était même pas sûre que ce ne soit déjà fait.
La présence de Dorgoth dans son dos l’empêchant de délirer complètement, elle poussa un lourd soupir, dont elle perçut trop tard l’impolitesse, et se retourna lentement vers le jeune homme.

« Hum, j’avoue n’avoir aucune question aussi intéressante, la seule qui daigne me revenir à l’esprit me semble horriblement réductrice et idiote après celle de Sliesch. Puisque je suis là, je vais tout de même la poser, mais si vous pouviez ne pas comparer ce qui n’est pas comparable ce serait… gentil ?
Je voulais juste savoir… enfin… Utiliser notre pouvoir provoque une sensation assez forte, je crois que tout le monde est d’accord là-dessus. Or, si certains pourraient sans doute arrêter totalement de l’utiliser, il me semble que d’autres auraient… plus de mal. Cela doit dépendre de la manière dont on appréhende la chose j’imagine. Est-il possible de développer une dépendance à la magie ?
Puisque vous parlez d’une évolution physique et morale, la question serait même plutôt : est-il possible, passé un certain seuil, de ne pas se perdre soi-même dans sa propre magie ? En tant qu’humain je veux dire… Enfin, je ne m’exprime peut-être pas très clairement… »


Elle s’interrompit, d’une façon qu’elle espéra après coup naturelle. Elle avait dit tout cela comme pensé tout haut, accompagnant même ses paroles d’une gestuelle discrète et inconsciente, et c’est un peu tard, comme toujours, qu’elle avait réalisé que ces questions posaient problème. Parce que seul un élu expérimenté pouvait apporter une réponse satisfaisante, mais que ce même élu était justement directement concerné par la réponse.

Après une demi-seconde de réflexion, elle estima ses inquiétudes stupides puisque sa question était seulement hors-sujet et terriblement révélatrice d’un esprit tordu. Concernant l’esprit tordu justement, elle pensa bien qu’un professeur était en droit de s’interroger sur les raisons d’une telle question, mais elle jugea qu’il n’avait pas à les connaître. Pas s’ils restaient élève et professeur en tout cas.

[Je ne savais pas trop quoi faire, c’est assez minable mais c’est la faute à Vect, il m’a mis la pression…^^]
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Dorgoth Thorn
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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mar 28 Juil - 17:27

S'étant rassis peu de temps après avoir fini son explication le pyromancien observait d'un air amusé la perte progressive de contenance de Morrigan alors qu'elle se retournait pour adresser des mots inaudible à Sliesch. Elle semblait totalement incapable d'improvisation après que le scénario qu'elle espérait voire se dérouler ait été modifié. Sans cesser de fixer son dos Dorgoth sentit une légère pointe de déception l'égratigner, l'explication qu'il avait donné semblait avoir effacé tout lien, si infimes soient-ils, entre lui et l'élue. Ainsi une bribe de cour sur l'arcanum avait suffi à le replacer totalement dans son rôle de professeur et elle dans son rôle d'élève. Loin de l'amuser la tension croissante de Morrigan alors qu'elle se retournait le fit se rembrunir, mais ses yeux brillaient toujours alors que le regard hésitant de la jeune fille se posait dans le sien. Il tiqua face à toute les marques d'hésitation de rabaissement qu'exprimait la jeune fille qui ne cessait de tourner autour du pot, elle voulait tellement signifier qu'elle était consciente de sa soi-disant bêtise qu'elle en devenait réellement ridicule. Mais elle ne sembla pas remarquer l'impatience qu'affichait Dorgoth, ou ne la releva pas, et finit par poser sa question.
Mais, bien loin de calmer l'ardeur qui brulait dans les yeux du maître des cendres, la question, un fois qu'il l'eut pleinement assimilée, sembla allumer des flammes bleues et coupantes dans les yeux de Dorgoth. Et alors que toute expressivité disparaissait de sa figure le maître des cendres sentit, pour la énième fois, la seule brûlure qu'il pouvait ressentir au monde et qui lui rongeait le cœur en ce moment même. Cette chaleur insoutenable qui tentait de lui faire ouvrir ses ailes, celle qui pouvait lui faire déclencher un armageddon de la taille de l'île, celle qui lui imposait de tout posséder et de tout soumettre ici et maintenant, celle qui le faisait hurler de douleur et de jouissance, celle qui lui donnait envie de prendre Morrigan et de l'emmener jusque dans des cieux embrasés, celle qui habillait son visage d'un maquillage envoûtant de mort de de destruction un brûlure griffue suintant de poison noir. La question de l'élue de l'eau était l'une des pires qu'elle aurait pu lui poser, d'autant plus que le maître des cendres, cas pour le moins particulier, en plus d'être sollicité par son arcanum embrasé se devait également de contenir les pulsions démoniaques qui coulaient dans ses veines, et elle étaient ô combien plus agressive. Une toxine de stupre de luxure et de violence. Et la question de Morrigan avait agit comme un catalyseur, transformant peu à peu le regard acéré de glace qui la fixait en de longues lanières brulantes et humides qui s'enroulaient sensuellement autour de ses membres et tentaient de l'attirer plus près, tout près de ces yeux fauves.
Mais tout disparut lorsque Dorgoth tourna brutalement la tête, rabaissant son regard sur le bureau, qui se serait sûrement mis à brûler s'ils n'avaient pas étés dans une salle de cours de Shima. Respirant profondément le conseiller divin du feu se passa la main sur le front et, en quelques minutes, il put totalement reprendre le contrôle de lui même. Il ne releva cependant pas les yeux vers Morrigan car, malgré son sang froid en partie retrouvé, les pulsions qui lui avaient traversé l'âme faisaient encore frémir son coeur et il craignait que l'envie de mordre ses lèvres roses ne se dépeigne dans son regard et ne mette la jeune fille encore plus mal à l'aise qu'elle l'était peut-être. D'un air fatigué il ouvrit la bouche, pour répondre quelques secondes plus tard.

"C'est une question fondamentale que tu poses, en effet l'arcanum provoque une addiction. Dominante, elle mène souvent à la destruction de l'élu qui en est victime, ou bien le transforme en esclave de son pouvoir.
On pourrait comparer ce phénomène à la sélection naturelle, les déficients son éliminés et seuls les plus forts survivent pour perpétuer et assurer à la Terre une survie durable."

Sans tourner la tête Dorgoth eut un sourire sardonique, on pouvait interpréter sa réponse comme une remise en cause de son propre pouvoir, après ce qui s'était passé. Mais il doutait que la jeune fille l'interprèterait ainsi. Il était peu probable qu'ils aient réellement l'occasion d'en parler et au fur et à mesure que son cerveau redevenait lucide il s'étonna qu'elle ne se fut pas enfuie après ce qu'elle avait du ressentir. Tournant un regard qu'il n'espérait pas trop équivoque vers Morrigan il sentit son coeur faire un bond.


Dernière édition par Dorgoth Thorn le Dim 13 Sep - 15:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On s'assume? [Libre]   Mer 29 Juil - 19:48

La réaction de Dorgoth fut trop différente de ce à quoi elle s’attendait pour qu’elle puisse juger si c’était mieux ou pire. Une chose est sûre, elle regretta sa question au moment même où elle la posa. Le jeune homme sembla profondément ébranlé sous son masque de cire.
Elle s’en voulait horriblement, aurait voulu lui dire que ce n’était rien, d’oublier sa question ; au lieu de quoi elle resta pétrifiée car il lui lança à ce moment un regard brûlant, presque sauvage. Il ne ressemblait ce faisant plus du tout à un professeur. Ressemblait-il seulement à un homme ?
Ses yeux qui exprimaient à l’instant encore une lassitude à peine masquée de professeur qui s’exhorte à la patience reflétaient maintenant quelque chose de très intense et de manifestement anormal. L’air même autour d’eux et entre eux en semblait changé.
Elle ne savait trop comment interpréter ce regard qui la transperçait toute entière, son corps comprit mieux qu’elle.

Eût-il esquissé un mouvement vers elle, elle aurait très certainement reculé, mais pour l’instant elle était incapable du moindre geste. Du reste, même si elle avait pu bouger, et pour une raison inconnue, elle voulait pouvoir faire confiance à Dorgoth, au moins pour ce qui était de ne pas lui faire de mal.
Elle eut peur cependant, tandis qu’en son sein une sorte d’attirance hypnotique et une profonde répulsion, un instinct de préservation primaire, se livraient un rude combat.

Ce ne fut que lorsque l’homme détourna brusquement le regard que Morrigan s’aperçut qu’elle avait oublié de respirer. Tandis qu’il reprenait contenance, elle tenta d’apaiser les battements frénétiques de son cœur affolé et de se recomposer un visage impassible. Ses sourcils continuèrent malgré tout à dessiner un arc inquiet au-dessus de ses yeux sombres, sur la rétine desquels restait imprimé l'éclair d'ardente convoitise qu'elle avait vu passer dans ceux de Dorgoth.

Ce dernier entreprit alors de répondre à sa question, d’une voix fatiguée, épuisée même, et toujours sans la regarder. Une certaine compassion, mêlée de culpabilité, la poussait vers lui, mais cela lui sembla une très mauvaise idée.
Elle hocha imperceptiblement la tête quand le Maître des Cendres eut fini de parler ; elle n’avait pas prévu la réponse mais celle-ci ne la surprenait pas vraiment non plus, c’était logique. En tout cas, elle avait compris le message.
Son relatif sang-froid avait de quoi l’étonner elle-même, mais enfin il ne s’était rien passé, sinon un regard. Et, de toute évidence, l’attitude de Dorgoth un instant plus tôt tenait de l’accidentel, et quelle qu'en fût la raison elle ne voulait pas le blesser en ayant une réaction violente.

Elle s’autorisa une pause, fermant les yeux une fraction de seconde et poussant un léger soupir, non d’agacement mais comme pour évacuer la tension qu’elle avait accumulée, classer l’incident et s’ancrer de nouveau dans le présent, afin de repartir du bon pied. Ce qui s’était passé avait au moins eu le mérite de lui faire reprendre ses esprits, contre toute logique. Elle était certes un peu effrayée mais, à son avis, le titre de Conseiller Divin ne devait pas récompenser le pouvoir seul, il devait bien y avoir aussi une histoire de… vertu ? Ce n’était pas le mot mais elle ne le trouvait pas.

Elle reporta son attention sur Dorgoth au moment où celui-ci relevait les yeux vers elle, y lut une certaine émotion, une intensité plus humaine d’une certaine manière. Elle baissa aussitôt la tête, troublée, puis releva lentement le regard vers le Maître des Cendres, le plongeant avec plus d'assurance dans le sien.

« Merci, murmura-t-elle au bout d’un moment. C’était idiot de ma part, je ne voulais pas… »

Elle balaya ses propres excuses d’un geste, certaine qu’il les comprenait. Un sourire hésitant s’esquissa sur son visage.

« Je vous ai assez dérangé, vous devez avoir des choses à faire. Si vous avez un peu de temps en revanche, et aucune occupation en vue, n’ayant pour le moment plus de questions pour le professeur, je veux bien parler à Dorgoth. »

Un coin de ses lèvres se souleva légèrement sous l’effet d’un sourire taquin mais gentil.

« Mais de préférence ailleurs » ajouta-t-elle en jetant un regard circulaire à la pièce.
L’amphithéâtre avait beau être grand, quoiqu’il pût l’être davantage, il l’oppressait. Peut-être justement parce qu’il était grand en fait, trop grand pour deux. C’était comme s’ils s’étaient trouvé dans la ligne de mire de quelques centaines de spectateurs invisibles, ce qui n’avait rien d’agréable.

« Mais ça peut très bien se faire une autre fois » précisa-t-elle en se tournant de nouveau vers lui, avec un nouveau sourire.
C’était une main qu’elle lui tendait, libre à lui de ne pas la saisir, elle ne s’en offusquerait pas.
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