Shima Andoru

L'île volante
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 Une prière et la deuxième face d'une pièce

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Vect Zihir
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MessageSujet: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Mer 22 Juil - 22:19

De l'obscurité, encore plus d'obscurité. Des ténèbres insondables, un désir primitif d'en avoir plus, une raison surpassée par l'instinct. Tel avait été mon pouvoir, tel était-il en cet instant et tel serait-il sûrement toujours. Mais comment en vouloir à la source même de ma présence en ces lieux? A l'origine de mes souffrances, de mes joies et de mes souvenirs les plus précieux. Des petites questions qui n'arrivent qu'après déjà plusieurs années passées sur les îles. L'élu est-il destiné à ne trouver les réponses à ses questions que bien longtemps après? Où suis-je une exception? Hum voila que je recommence, je suis loin d'être seul sur terre et même sur Shima... Pourtant je ne peux m'empêcher à certains moments de me sentir perdu dans les ténèbres de la solitude.

Il faut vraiment que je suis stupide pour penser un jour me retrouver seul... Rien que pour avoir cette pensée je sens un regard sombre peser sur moi, entité malveillante prête à m'en coller une. Un petit sourire flotte sur mon visage pendant que je m'imagine Dorgoth s'élever derrière moi pour me coller son point sur la figure. Hum il ne l'a jamais fait mais ce n'est pas dit qu'il ne le ferait pas, je l'ai bien fait moi, même si j'avais une excuse... Enfin s'il me semble que j'avais une excuse... C'est étrange comme notre mémoire est affreusement sélective.

La question qui s'impose à moi maintenant est : Pourquoi est-ce que je pense à tout cela devant cette tombe? Vaste problème... Je m'installe en tailleur devant la tombe faite pour Natsumi, place mes mains sur mes genoux et ferme les yeux. La pièce est vide de monde, il faut dire qu'il est un peu tôt, ou très tard, pour être debout. Je ne prétends pas être quelqu'un d'anormal, juste vivre selon un rythme étranger à celui des autres élus.

Installé devant la tombe je fais le vide dans mon esprit et rappelle à moi mes souvenirs de ce qui fut et sera toujours d'une certaine manière, l'une des meilleures amies que j'ai pu avoir. Je revois défiler des scènes de la vie courantes, des moments passés ensembles, des rires, des pleurs. En me faisant ce petit film je me dis que j'aurai du passer plus de temps avec elle, apprendre à mieux la connaître, veiller plus sur elle... Peut-être que j'aurai pu la sauver... Non, je ne dois pas penser cela, ce qui est fait est fait, on ne peut le défaire, personne... Personne... Et pourtant...

C'est toujours la même chose dès que je viens me recueillir sur cette tombe. On a beau savoir que le passé est le passé on aimerait toujours changer quelque chose. J'adresse une prière silencieuse à cette personne que j'aurai aimé mieux connaître. J'ai une pensée pour mon frère, qui lui l'a mieux connue, il a eu de la chance et en même temps non. Pour ne pas finir cet instant sur une note triste je me force à sourire en repensant à certains moments joyeux.

Tout pourrait bien se terminer ainsi, je remonterai sagement dans mon lit après avoir pris un en-cas, je pourrai ainsi remplir mon quota d'heures de sommeil. Mais la vie est faite de certains imprévus, une crise inopinée de sommeil en fait partie. C'est donc le sommeil qui m'emporte sans attendre et sans que je bouge, gardant une pose de méditation devant la stèle. On aurait facilement pu s'y tromper avec mon air concentré, détendu et mon visage serein, mais non je dormais bel et bien. Au moins j'avais exécuté ma prière... et si Natsumi me voyait, elle pourrait bien rire.

Mon sommeil précoce fut un peu "remué". Je me laissais entraîner dans un rêves constitué d'un mélange de souvenirs et de faits inventés par mon imagination. Ce n'était pas un cauchemar, c'était vraiment un rêve, qui peut-être aurait pu être réalité. Ce sommeil étrange eut d'autres effets sur mon corps. Mon pouvoir normalement endormi se mit à rêver lui aussi et peu à peu des volutes d'énergies m'entourèrent comme une sphère et se mirent à voleter autour de moi.

Peu à peu un froid mordant me prit et le rêve si doux se transforma en un cauchemar embrasé. Les souvenirs les plus pénibles se rappelèrent à mon bon souvenir. L'énergie qui m'environnait s'électrisa et commença à chercher une cible, le sol d'abord, puis la fontaine. Je me réveillai finalement en sursaut, dégageant une onde de choc qui renversa tous les obstacles qu'elle rencontra. Je mis un petit moment à me remettre du choc, en nage, la respiration saccadée.

Me voila assis par terre, les bras posés en arrière pour me soutenir, à chercher à reprendre une respiration à peu près normale après cet instant difficile. Je sentis des gouttes sur mes joues. D'un geste lent j'approchais mes doigts pour vérifier ce que c'était.


"Des larmes?... Me voila bien émotif..."

C'était presque un murmure, j'avais juste pensé à haute voix. Il me fallut une petite minute pour remettre de l'ordre dans mes idées, séparer le vrai du faux et reprendre mon calme. Je m'aperçus alors que je n'étais pas tout à fait seul.

"Bien le bonsoir, ou le bonjour, c'est comme tu préfères."

Je passais la pièce aux rayons x avant de trouver ma cible, de l'accrocher et de la détailler minutieusement pour tenter de mettre un nom sur son visage. Mais visiblement c'était la première fois que je la voyais, pour une rencontre ça commençait fort.

"Euh ça va rien de cassé?"

Je me redressais et me relevais dans le même élan pour aller rejoindre la nouvelle arrivante, oui la.

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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Ven 24 Juil - 17:05

On n’a pas toujours besoin d’être élu de l’Ombre pour y voir sans lumière. En l’occurrence, la petite silhouette sombre qui arpentait les couloirs de l’Académie avançait d’un pas léger mais sûr, quoique l’obscurité fût totale et qu’il semblait qu’on pût entendre ronfler les murs épais si l’on tendait l’oreille. Il faut dire que ce n’était pas la première fois que Morrigan partait se promener la nuit. C’était même devenu une habitude.
Pourtant, cette fois-ci, l’excursion nocturne n’avait rien de prémédité. Seulement, elle avait eu une sale journée. Oh, rien de grave, le schéma classique, on se lève du mauvais pied, une gomme perdue, un élu qui l’avait presque insultée lorsqu’elle avait tenté de s’excuser après l’avoir bousculé, une fille, une de ses voisines de dortoir, qu’elle avait d’abord trouvée fort sympathique et qui avait fouillé dans ses affaires. Cela surtout l’avait agacée, d’abord parce que ses effets privés étaient assez limités, et qu’elle tenait à ce qu’ils restent privés justement ; ensuite parce qu’il est toujours désagréable de voir déçus les espoirs d’amitié que l’on plaçait en une personne que l’on vient de rencontrer. Elle aurait dû être habituée depuis le temps. Mais, au cours de son existence, elle n’avait noué avec des gens de son âge que des relations de courte durée. A part une fille d’Amsterdam qu’elle revoyait périodiquement, mais cela restait trop épisodique pour permettre de tisser un vrai lien. Elle avait pensé que s’établir en un lieu fixe rendrait une véritable amitié, solide, inconditionnelle, non seulement possible mais presque facile. Et elle se rendait de plus en plus compte que, dans la pratique, il était difficile d’entretenir un lien plus fort de celui de « connaissances ».

Le résultat de tout ceci est qu’elle s’était couchée de fort méchante humeur et que, le sommeil s’obstinant à la fuir, elle avait éprouvé le besoin de se relever. Et, avec la sensation de la nuit autour d’elle, et la perspective de se retrouver seule dans la nature, cette nature qui ne demandait rien et n’offrait qu’à celui qui savait prendre, plus digne de confiance que n’importe quel humain, elle retrouvait peu à peu sa sérénité. Il était bien une ou deux heures du matin.

Arrivée à sa sortie attitrée, elle avança la main vers la porte massive, suspendit son geste. D’étranges lumières jouaient sur sa peau blanche – reflets fantastiques témoins d’une activité anormale se déroulant manifestement quelque part derrière elle. Elle fit vivement volte face, s’avança un peu vers cette lueur et découvrit que la Sphère, qu’elle avait à l’instant dépassée endormie, semblait à présent sortie de son sommeil.
La lumière pâle dansait sur ses parois opalines, faible mais comme vivante. Ce fut la curiosité qui l’emporta, elle dirigea ses pas silencieux vers la Sphère, qu’elle gagna rapidement.

La première chose qui la frappa à son entrée dans ladite Sphère, presque littéralement, fut l’électricité statique qui y régnait, une électricité qui vit aussitôt ses cheveux s’animer pour ondoyer dans les airs. De plus en plus perplexe, Morrigan avança lentement vers la source de cette énergie, source qui, et c’était à prévoir, se révéla être un élu ; un élu assis devant la tombe qu’abritait l’endroit, et sur laquelle personne n’avait jamais été capable de lui fournir le moindre renseignement. Mais, de toute évidence, cet élu était plus ancien que la plupart des élus qu’elle fréquentait. Un proche de la défunte ?
Mais que faisait-il ici, précisément ? Et à cette heure ? Bien sûr, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité mais tout de même.
Il était de dos, et c’était peut-être dû aux volutes de magie qui l’entouraient mais ses cheveux lui semblaient argentés.

Elle le contourna prudemment, jusqu’à voir son visage. Ses yeux étaient fermés, son front serein. Elle se demanda même s’il était éveillé. Si c’était le cas, vu son pouvoir, qui semblait puissant, il devait l’avoir sentie, mais aucun signe ne tendait à le prouver ; et dans le cas contraire eh bien…
Eh bien rien, à part un énorme point d’interrogation.
Maintenant qu’elle était plus près, elle pouvait voir un certain nombre d’émotions passer sur le visage de l’inconnu, furtives, ténues.
Elle avait déjà entendu dire qu’il était mauvais de réveiller quelqu’un en plein rêve, surtout si l’expérience onirique s’avérait plus intense que d’ordinaire. De toute façon, elle n’avait rien à faire là et, s’il était réveillé, elle devait le gêner.
Pourtant elle restait plantée devant ce spectacle de lumières fantômes, et devant ce visage. Visage qui lui sembla de moins en moins paisible, s’agitant d’abord de façon infime, puis plus évidente.

Elle comprit trop tard, tenta tout de même de s’éloigner alors que l’électricité envahissait progressivement l’espace, menaçante, violente. Fallait-il être stupide de n’avoir pas vu venir le coup !
Elle se réfugia derrière un énorme pot de fleurs, avec le faible espoir que cela limiterait les dégâts. La sortie était presque à l’opposé, et les parois irisées de la Sphère se chargeraient avec brio d’éviter toute dilapidation d’énergie dans les environs – circonstances on ne peut plus propices ! Propices pour un barbecue !

Au moment où le pouvoir de l’élu se déchaîna, aveugle, la jeune fille eut le réflexe de repousser d’un seul coup toute humidité le plus loin possible d’elle, chose qu’elle n’avait jamais faite mais qui, motivée par la peur et l’instinct, fit montre d’une certaine efficacité, l’air qui l’environnait directement devenant de ce fait fort mauvais conducteur. Elle fut cependant secouée par plusieurs décharges pour le moins désagréables, douloureuses même. Une minuscule partie de son cerveau eut le temps de se dire, au milieu de ce chaos, que, vue de l’extérieur, la Sphère devait à ce moment précis être saisissante de beauté. On ne se refait pas.
Soudain, dans un dernier sursaut dévastateur, l’onde de choc dégagée par l’élu de la Foudre ébranla tout l’espace. De l’éducation de sa mère, à qui elle ressemblait par ailleurs assez peu, elle avait conservé une certaine autodiscipline, une assez bonne résistance à la douleur et la frugalité et surtout une capacité de réaction face à une situation extrême plutôt supérieure à la moyenne ; et ce fut encore à un pur réflexe qu’elle dut son salut, se dégageant immédiatement de son pot en pierre en roulant à terre alors que celui-ci se renversait dans un grand fracas. Puis, le calme revint, accompagné d’un silence de mort.
Elle resta un moment face contre terre avant d’oser jeter un regard circulaire autour d’elle. L’endroit, qu’elle avait toujours trouvé si beau et si tranquille, avait des airs de Dead Zone, la magie des lieux ayant à peine atténué les dégâts. Elle ne put s’empêcher de constater qu’elle avait eu une certaine chance dans son malheur : en effet, si son propre pot n’avait été abîmé que par sa chute, d’autres avaient vraisemblablement explosé sur le coup. En revanche, la Sphère elle-même n’avait pas une égratignure, et paraissait contempler la scène d’un œil un peu las mais indulgent, en ancienne vigie que plus rien n’étonne.

« Des larmes ? Me voilà bien émotif… »

Morrigan releva la tête, la voix lui était parvenue faible, lointaine. Etait-ce l’élu ou avait-elle rêvé ?

« Bien le bonsoir, ou le bonjour, c’est comme tu préfères. »

Cette fois-ci le doute n’était plus permis, l’inconnu parlait. A elle ?
« A qui d’autre, idiote ? » se fustigea-t-elle.
Elle se redressa juste à temps pour voir le jeune homme se diriger vers elle, d’un pas plutôt assuré, avec peut-être une légère hésitation sous-jacente. Elle devait avoir l’air d’une folle avec ses cheveux encore ébouriffés, mais elle avait trop conscience que ce n’était pas de sa faute à elle pour s’en sentir gênée.

« Euh, ça va, rien de cassé ? »


Il était à quelques pas d’elle et elle remarqua alors que son visage était beaucoup plus jeune que ne le laissait soupçonner l’impression, peut-être illusoire, de maturité qui se dégageait de l’individu. Comme s’il avait vu, en quelques années, bien plus de choses que la plupart des vieillards. Ce dernier point n’était d’ailleurs pas sans rappeler à Morrigan une autre personne qu’elle avait aussi rencontrée dans des circonstances plutôt inhabituelles. Et, c’était à présent certain, le jeune homme avait bien les cheveux couleur argent, certaines mèches lui collant aux tempes sous l’effet de la sueur, dont une mince pellicule lui couvrait le visage.

« Ca va, répondit-elle en se levant, espérant qu’il n’était pas trop flagrant qu’elle vérifiait ses dires dans le même temps. Juste que ma curiosité me perdra. Enfin, je ne m’attendais pas vraiment à tomber sur quelqu’un à cette heure-ci. Après réflexion, cette lueur ne pouvait provenir que d’un élu mais cet endroit recèle tant de magie… Enfin, j’espère que je ne t’ai pas euh… dérangé ? »

Vu la situation, la question était sans doute un peu déplacée mais cela la gênait de troubler quelqu'un qui se recueillait sur la tombe d'une amie...
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Vect Zihir
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MessageSujet: Re: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Sam 25 Juil - 18:37

« Ça va... Juste que ma curiosité me perdra. Enfin, je ne m’attendais pas vraiment à tomber sur quelqu’un à cette heure-ci. Après réflexion, cette lueur ne pouvait provenir que d’un élu mais cet endroit recèle tant de magie… Enfin, j’espère que je ne t’ai pas euh… dérangé ? »

Hum je ne pouvais m'empêcher de vérifier son état d'un coup d'œil rapide, ma petite conscience...

"Dérangé? Non j'avais fini depuis un moment... Je n'avais en revanche pas prévu ce..."

Je fais un grand geste du bras pour indiquer les pots de fleurs brisés.

"... désastre..."

J'observais un moment le petit massacre que j'avais causé, des pots étaient tombés, d'autres éclatés, des meubles avaient été renversés. La sphère évidemment n'avait rien, elle avait tout absorbé sans problème. Un petit plus pour ma conscience, un petit moins pour mon égo, mais il s'en tirerait. C'est en posant mon regard sur les pots que mes neurones finirent de se reconnecter et que je tournai un regard intrigué sur l'élue en face de moi.

"Hum... Tu as réussi à te protéger de la décharge... Intéressant..."

J'avais tout de suite repris un air sérieux et examinateur. Après tout j'étais quand même Conseiller Divin, j'étais un peu professeur, quand j'arrivais à faire comprendre mes messages aux autres. Une petite lueur anima mes yeux argentés, leur donnant un instant une lueur indigo. Je sondais l'aura de Morrigan, sans bouger, je captais ses changements, analysais ses mouvements.

"... D'accord... Tu as de bons réflexes, écarter l'humidité de toi au dernier moment pour éviter la foudre... J'en déduis que tu es là déjà depuis un petit moment au moins."

Je continuais mes petites déductions, ça m'amusait de jouer à ça, grand enfant que j'étais. C'était une élue de l'eau, pas de doute là-dessus, maintenant je me demandais ce qu'elle savait faire. Enlever l'humidité de l'air ambiant, même par réflexe, ce n'est pas rien. Peut-être que j'étais un peu trop dans mon rôle de professeur, à chercher à évaluer le potentiel d'une personne. Je plongeais mon regard métallique dans les grands yeux noirs de mon interlocutrice, je cherchais quelque chose, ce n'était pas très poli. Quand je me rendis compte que ce que je faisais dépassait les limites de la décence je me repris, m'écartant un peu, un petit sourire sur les lèvres.

"Hum pardon je m'égare un peu..."

Je passais négligemment une main dans mes cheveux avant de reprendre.

"Tu es sujette à des crises d'insomnie ou ton rythme s'est quelque peu éloigné de celui qu'on appelle "normal"... Je sais que c'est un peu se moquer du monde, mais je ne me considère plus comme normal depuis longtemps, ça peut servir d'excuse..."

Je lui envoyais un sourire. J'avais déjà commencé par tout casser une seconde fois, mieux valait détendre un peu l'atmosphère que j'avais rendue... électrique... Je me mis à faire quelques pas en face d'elle, le doigt sur les lèvres, l'air pensif.

"Mais peut-être que c'est ma magie qui t'as attirée ici?... Hum un peu prétentieux hein?"

Un petit clin d'œil.

"Ah moins que tu ais fait un cauchemar? ça peut arriver, la preuve..."

Je fis demi-tour pour revenir en face d'elle.

"Ou peut-être avais-tu faim? Haaa vaste problème... Mais peut-être que si je te laissais répondre ce serait plus facile... Alors alors, qu'est-ce qui a bien pu te faire lever à cette heure?"

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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Dim 26 Juil - 21:28

L’inconnu avait le coup d’œil vif et détaché, un peu ironique même. C’est ce qu’il sembla du moins à Morrigan, qui observait le jeune homme sans mot dire. Il prit rapidement la mesure de l’ampleur des dégâts, sembla un peu embarrassé tout en restant étrangement désinvolte, puis il s’intéressa de nouveau à elle.

"Hum... Tu as réussi à te protéger de la décharge... Intéressant..."
Puis, après un court instant, l’élu reprit :
"... D'accord... Tu as de bons réflexes, écarter l'humidité de toi au dernier moment pour éviter la foudre... J'en déduis que tu es là déjà depuis un petit moment au moins."

Morrigan avait beau savoir que les élus expérimentés savaient différencier les autres élus par leur aura, les repérer et même reconnaître une connaissance de loin, elle fut assez impressionnée lorsque l’homme qui lui faisait face lui annonça avec assurance la façon dont elle avait utilisé sa propre magie quelques instants plus tôt.
Facétie et gravité semblaient s’être toujours disputé les traits de ce visage, et cela était particulièrement frappant à ce moment. Tandis qu’il plongeait son regard dans le sien, elle remarqua alors ce que l’obscurité l’avait d’abord empêché de voir – les yeux de l’individu, d’un argent liquide et lumineux. Elle en resta bouche bée, plus encore lorsqu’elle vit ces prunelles prendre un court instant un éclat indigo. Dans sa fascination, elle mit un moment à réellement se rendre compte qu’il l’observait d’un air très absorbé et sincèrement intrigué. Être le centre de l’attention de quelqu’un d’autre lui était toujours source d’une sensation étrange, comme si c’était à chaque fois la première fois que quelqu’un posait les yeux sur elle.

Il se reprit, s’écarta d’elle en souriant. Entre ses cheveux et ses yeux, il avait quelque chose d’irréel. Il s’excusa et s’interrogea tout haut sur les raisons qui avaient pu l’amener là à cette heure-ci. Elle eut un léger sourire en coin lorsqu’il déclara ne pas se considérer comme normal : c’était la deuxième personne qu’elle rencontrait et qui semblait se considérer comme différente, l’autre ayant carrément du mal à se voir comme un humain.

Le jeune homme continuait à émettre des hypothèses sur ce pourquoi elle avait failli se faire réduire en cendres ; même s’il lui avait laissé le temps de parler, elle aurait eu du mal à prendre la parole tant l’attitude du jeune homme la surprenait. Il lui semblait absurde que quelqu’un, surtout quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, puisse s’intéresser à elle, et le manifeste amusement que prenait cet individu à son enquête orale démentait le fait qu’il puisse s’agir uniquement de politesse. Elle était stupéfaite et avait bien du mal à s’empêcher d’éclater de rire. Elle aurait dû avoir l’habitude des cas particulier depuis qu’elle fréquentait des élus, mais cet homme n’avait sans doute pas tout à fait tort quant il disait ne pas se classer dans les personnes dites normales.

« Mais peut-être que si je te laissais répondre ce serait plus facile... Alors alors, qu'est-ce qui a bien pu te faire lever à cette heure? »

La question était directe, quelque peu indiscrète même, mais elle sentait qu’elle n’avait rien à craindre de l’individu, sensation qu’expliquait mal la scène précédente. En outre, elle se sentait plutôt bien en sa présence.

« Hum, fit-elle avec une légère hésitation, avec amusement aussi, disons que tu n’avais pas tout à fait tort quand tu parlais d’insomnie. Même si j’aime beaucoup me promener la nuit, cette promenade est en l’occurrence surtout due à un problème d’endormissement… Problème que nous n’avons de toute évidence pas partagé. »

Elle eut un sourire amusé, inclinant légèrement la tête tandis qu’elle observait son interlocuteur d’un air à son tour intrigué.

« Ceci dit, poursuivit-elle, je n’avais pas prévu d’aller faire un tour dans la Sphère Intérieure, je comptais me rendre dans les bois, au lac peut-être. Et c’est bien l’activité pour le moins… anormale de la Sphère qui m’y a conduite, qui m’a conduite à toi en réalité. Je t’ai vu, je n’osais pas te déranger, j’allais repartir (ceci n’était pas exactement vrai mais bon hein). Quand j’ai eu l’impression que tu…

Elle ne savait trop quels mots employer, ne voulant pas le blesser. Son regard tomba involontairement sur la tombe de Natsumi.

« Quand j’ai vu que tu semblais moins calme, j’ai compris qu’il était risqué de rester dans les parages, mais je n’ai pu atteindre la sortie.
Pour le reste eh bien… je suis ici depuis quelques mois, je ne suis pas très douée, et même le peu que je sais faire me semble dérisoire quand j’ai en face de moi quelqu’un comme toi. Ce qui n’a pas dû m’arriver très souvent d’ailleurs, sans vouloir te faire de compliments. Je n’ai d’ailleurs même pas réussi à croiser une seule fois la Conseillère Divine de l’Eau. En vérité, je n’ai en tout et pour tout croisé qu’un seul Conseiller Divin depuis que je suis ici. »


Elle se tut, sujette tout à coup à un énorme pressentiment.

« Euh, tu... tu dois être ici depuis un moment non ? En fait… en fait quel est ton nom ? »

Tentative quelque peu maladroite pour lui laisser la liberté de préciser son statut, si statut il y avait. Et, le cas échéant, s’il n’était pas du genre à jouer les anguilles comme un certain Maître des Cendres. Enfin, peut-être faisait-elle totalement fausse route.

Certaines paroles de Soul lui revinrent soudain à l’esprit, à propos d'un autre Conseiller Divin, celui de la foudre : « Vect Zihir, faut éviter de le vanner sur sa copine, il aime pas trop. »
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Vect Zihir
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MessageSujet: Re: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Lun 27 Juil - 21:30

« Hum... disons que tu n’avais pas tout à fait tort quand tu parlais d’insomnie. Même si j’aime beaucoup me promener la nuit, cette promenade est en l’occurrence surtout due à un problème d’endormissement… Problème que nous n’avons de toute évidence pas partagé. »

Elle sourit, moi aussi. Elle n'a pas l'air de prendre mal mon comportement et mes questions. Je continue de la détailler, cherchant son âge cette fois. Oh oui ce n'est pas très poli, surtout pour une jeune fille, mais à plus de 2h du matin, après tout ce remue-ménage je me fiche un peu des convenances.

« Ceci dit, je n’avais pas prévu d’aller faire un tour dans la Sphère Intérieure, je comptais me rendre dans les bois, au lac peut-être. Et c’est bien l’activité pour le moins… anormale de la Sphère qui m’y a conduite, qui m’a conduite à toi en réalité. Je t’ai vu, je n’osais pas te déranger, j’allais repartir. Quand j’ai eu l’impression que tu… »

Elle avait l'air intriguée, cherchait-elle ce que je faisais? Facile à deviner pourtant... Mais peut-être voulait-elle des informations sur la tombe, car à part lui très peu d'élus connaissaient sa signification. Mais la réponse venait...

« Quand j’ai vu que tu semblais moins calme, j’ai compris qu’il était risqué de rester dans les parages, mais je n’ai pu atteindre la sortie.
Pour le reste eh bien… je suis ici depuis quelques mois, je ne suis pas très douée, et même le peu que je sais faire me semble dérisoire quand j’ai en face de moi quelqu’un comme toi. Ce qui n’a pas dû m’arriver très souvent d’ailleurs, sans vouloir te faire de compliments. Je n’ai d’ailleurs même pas réussi à croiser une seule fois la Conseillère Divine de l’Eau. En vérité, je n’ai en tout et pour tout croisé qu’un seul Conseiller Divin depuis que je suis ici. »


Un petit sourire taquin naquit sur mon visage pendant que j'entendais ces mots. J'attendais qu'elle finisse, elle avait l'air de vouloir poser une question.

« Euh, tu... tu dois être ici depuis un moment non ? En fait… en fait quel est ton nom ? »

Pour un peu je jubilerai, comme si j'allais répondre à cette question... Pas avec l'état dans lequel j'étais, j'étais excité comme une puce et on aurait aisément pu me comparer à un gamin de 10 ans... tout au plus... Je choisis alors de m'amuser un peu, me penchant en arrière, les mains sur les hanches, je repris avec un petit air jovial.

"Pour sûr que tu ne dois pas croiser des personnes aussi fortes tous les jours ahah..."

Un vrai... nul, mais ça m'amusait. Je repris un air à peine plus sérieux en me remettant droit.

"Héhé, plus sérieusement oui je suis fort, mais c'est parce que je me suis entraîné..."

Instantanément le petit sourire taquin qui tordait mes lèvres disparut pour laisser place à un sourire bienfaisant et un ton chaleureux, protecteur même.

"... Rien n'arrivera tout de suite, si tu persévères alors tu y arriveras, il faut juste que tu ais confiance en toi..."

Je gardais un moment mon regard bienveillant posé sur cette jeune fille, avant de reprendre un petit sourire moins sérieux.

"Mais tout comme Rome ne s'est pas faite en un jour, ne compte pas tout réussir demain, patience est maître mot... Il va déjà t'en falloir avec moi hihi..."

Je levai mon doigt vers le ciel avant de le poser sur mon menton, faisant mine de réfléchir. Je n'avais pas l'intention de répondre tout de suite à sa question, ce n'était pas assez drôle. Il faut quand même noter que ce n'était pas dans mes habitudes, mais une décharge électrique comme celle que je venais d'envoyer contre mon gré me libérait de toute la pression accumulée, un peu comme un massage, et du coup j'étais en pleine forme... et un peu taquin il est vrai...

"Hum pour avoir failli te transformer en méchoui il faudrait peut-être que je fasse quelque chose pour toi non? Hum... moi je pense que oui..."

Je me reculais d'un pas, remettant mes bras le long du corps.

"Alors à défaut de t'offrir un présent que tu pourras garder, je t'offre un petit souvenir..."

Je pliais les genoux, prenait mon élan et m'élançait pour un joli salto arrière, aidé par la foudre qui me propulsait à mes pieds. Je fis quelques tours en l'air avant d'atterrir au centre de la sphère.

"Bon voyage dans mon monde..."

Paroles données au ton étrange et mystique. Je fis quelques mouvements de mes bras pendant que mes pupilles s'éclairaient d'éclairs indigo, brillant alors d'un tout nouvel éclat. Des étincelles apparurent sur mes bras, grandissant peu à peu pour rejoindre la paume de mes mains puis je les envoyais sur les parois de la sphère.

Les éclairs ricochèrent sur la sphère, encore et encore, sans jamais toucher l'élue de l'eau j'y veillais avec beaucoup d'attention. A chaque impact ils libéraient une myriade de petites étincelles qui partaient du violet au noir, passant ensuite par le blanc, glissant sur l'argent et revenant sur l'indigo, se déversant tel un feu d'artifice inoffensif dans toute la sphère. Le contact avec les étincelles était un peu électrique, mais rien de plus que quelques petits frissons qui provoquaient la chair de poule.

Après un moment les étincelles revinrent sur moi et formèrent une sphère multicolore qui m'entourait. Je levais alors magistralement les bras, plus comme aide psychologique que par réelle nécessité, et des éclairs fusèrent de pour entrer un contact avec la sphère, faisant un lien entre elle et moi, illuminant toute sa surface de différentes couleurs. Certains traversaient la demoiselle sans lui causer le moindre mal. J'avais appris comment faire depuis un moment, c'était très pratique.

Après que je jugeai le temps assez long, les éclairs faiblirent d'intensité et revinrent à moi, mourant doucement dans mon corps. Quelques étincelles persistèrent sur mes vêtements mais disparurent en même temps que l'éclat indigo qui brillait dans mes pupilles. Un franc sourire sur les lèvres, j'avisais mon interlocutrice.


"Alors? Le cadeau te plait?"

Au passage j'espérais que ça lui ferait penser à autre chose que de me demander mon nom, mais étrangement je savais déjà que le sujet reviendrait sur la table et de toute façon je le dirai moi-même.

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Morrigan Undomiel



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MessageSujet: Re: Une prière et la deuxième face d'une pièce   Mer 29 Juil - 16:39

Après qu’elle lui eut demandé son nom, l’homme afficha un ravissement assez déconcertant ainsi que l’air conspirateur de quelqu’un qui jouit intérieurement d’une plaisanterie personnelle.

"Pour sûr que tu ne dois pas croiser des personnes aussi fortes tous les jours ahah..."

Morrigan, un sourire amusé et intrigué toujours accroché aux lèvres, avait quelque peu froncé les sourcils devant ce changement d’attitude. Il semblait jouer un jeu et s’en amuser au plus haut point, et elle ne douta plus bientôt d’avoir affaire à la partie facétieuse du jeune homme. Encore un qui a des problèmes de chevilles, pensa-t-elle, avec une ironie dépourvue de méchanceté toutefois. Elle nota qu’il avait éludé sa question, encore une anguille, qui qu’il soit. Et une anguille électrique avec ça. Elle l’écouta se vanter encore un peu, puis il prit un ton plus professoral, presque paternel, tandis qu’il lui déclarait en substance que la patience était la clé de la réussite.

« Il va déjà t'en falloir avec moi hihi... »


Elle haussa un sourcil moqueur, comme pour lui signifier qu’elle avait déjà constaté ça. Il lui fit l’effet de quelqu’un qui avait vraiment besoin de se lâcher un peu.

"Hum, pour avoir failli te transformer en méchoui il faudrait peut-être que je fasse quelque chose pour toi non ? Hum... moi je pense que oui... Alors à défaut de t'offrir un présent que tu pourras garder, je t'offre un petit souvenir..."

Elle fronça les sourcils d’un air méfiant. Que préparait-il ? De plus, elle ne le connaissait pas vraiment, elle n’avait aucune idée de ce dont il était capable. C’est du moins ce qu’elle essayait de se dire, en réalité elle n’avait pas l’impression que l’individu puisse lui vouloir du mal. Il s’envola soudain dans une myriade d’éclairs, puis alla se poser avec une certaine grâce au centre de la Sphère, après quelques acrobaties aériennes. Il posa sur elle un regard exalté, intense.

"Bon voyage dans mon monde..."

Le spectacle qui suivit devait effectivement laisser un souvenir assez net dans l’esprit de Morrigan. Ce fut un ballet de lumière, un ballet de foudre, laquelle virevoltait du corps de l’élu à la Sphère, vive, joueuse. Le chef d’orchestre de ce numéro était maître de tout l’espace, agitant les bras comme le magicien qu’il était. Morrigan eut d’abord une peur bleue devant ce déchaînement de puissance ; ce ne fut que lorsqu’un éclair la traversa sans dommage qu’elle comprit que le jeune homme gardait un œil sur elle. Elle s’appliqua dès lors à ne plus bouger, sa confiance avait des limites.
Elle avait beau savoir qu’il faisait tout cela en grande partie pour faire étalage de ses capacités et se rendre intéressant, une fois la surprise passée, elle se laissa emporter par cette vision extraordinaire, vision qui s’accompagnait d’un certain nombre de sensations : les éclairs n’étaient pas douloureux, mais elle se sentait parcourue d’un fluide étrange et grisant. Elle eut l’audace de tendre la main devant elle, vit avec fascination des étincelles électriques s’enrouler brièvement autour de son bras. Elle se concentra sur la magie qui l’entourait, sur ce qui faisait sa personnalité, la trace qu’elle laissait sur la peau, le goût qui lui était particulier. Elle ne savait pas si elle serait capable de la reconnaître par la suite, comme elle savait en être capable pour Dorgoth, pour peu qu’il utilisât son pouvoir, mais cela valait le coup d’essayer. Cette magie là se prêtait en effet bien à un tel essai, comme on fait de grosses lettres bien lisibles pour un enfant qui apprend à lire.

Peu à peu, les éclairs parurent diminuer d’intensité, disparaissant lentement, jusqu’à ce que tout redevienne plus ou moins normal. Morrigan attendit une ou deux secondes avant de s’autoriser à reprendre son souffle. Elle avait rarement vu quelque chose d’aussi beau tout en étant étonnant, effrayant même, quoique ce dernier paramètre eût à cet instant peu de place dans les pensées de la jeune fille. C’est qu’elle serait presque devenue insouciante depuis qu’elle vivait à l’Académie, elle auparavant si prudente.

"Alors? Le cadeau te plait?, fit le jeune homme, un grand sourire aux lèvres.

-Pas mal, répondit-elle le souffle encore court, j’ai vu mieux. »

Elle avait conscience que l’élu aux yeux d’argent prendrait sa répartie pour ce qu’elle était, un mensonge éhonté, ou pas loin, et d’une mauvaise foi qu’elle souhaitait évidente ; mais elle jugeait inutile de flatter son ego, et elle savait pertinemment que sa réaction pendant l’explosion aux éclats indigo avait été suffisamment éloquente pour qu’il ne s’en sente pas vexé. Elle adressa cependant un grand sourire au Conseiller Divin. Car, n’étant pas complètement stupide, elle avait désormais peu de doutes quant à l’identité de son interlocuteur. La tombe, la maturité de son pouvoir et son assurance allaient dans ce sens. Quant à l’âge, elle avait bien compris qu’il ne signifiait pas grand-chose à Shima, elle s’était déjà étonnée de la jeunesse de Dorgoth. Et l’attitude taquine de l’homme confirmait ses soupçons selon lesquels les Conseillers Divins n’étaient pas forcément d’austères et sages personnes. Après, comme tout un chacun, ils s’adaptaient sans doute aux circonstances.

Et les circonstances présentes n’ayant rien de très normal, elle ne voyait pas d’inconvénient à laisser le sérieux et les convenances de côté. Elle se demanda vaguement, un léger sourire aux lèvres, si tous les Conseillers Divins éprouvaient le besoin théâtral d’impressionner ainsi chaque personne qu’ils rencontraient, ou s’il n’y en avait que deux.

« La Sphère aura rarement connu de nuit aussi joyeuse. Tu sais, je crois que tu es un peu fou. Ca ne me dérange pas, je ne me considère pas comme particulièrement saine d’esprit. Bref, je tenterais bien quelque chose pour t’impressionner mais tu risques de ne même pas te rendre compte que j’utilise la magie. D’ailleurs euh… Il faudrait peut-être faire quelque chose pour tout ça non ? »

Elle engloba l’espace d’un geste. Elle ne savait pas ce qu’elle allait faire ensuite mais, ayant assisté au massacre, elle se sentait presque responsable de la remise en ordre des choses ; en tout cas elle ne se voyait pas partir en laissant tout en l’état, même si elle ne voyait pas bien comment ils allaient s’en sortir à deux. Elle tourna vers le Conseiller Divin de la Foudre un regard interrogateur.
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Une prière et la deuxième face d'une pièce

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